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19 septembre 2020

The Final Days, de Bob Woodward et Carl Bernstein


Il y a déjà longtemps, je vous parlais du livre "Les hommes du président", concernant l'enquête journalistique sur le Watergate. En voici la suite !


Résumé : 

30 avril 1973. Richard Nixon vient de renvoyer ses trois conseillers les plus proches qui sont accusés d'avoir organisé une série d'actes illégaux d'espionnage et de désinformation révélés suite au cambriolage raté du Watergate. Une enquête parlementaire est en cours pour déterminer si le président lui-même est impliqué, et les langues se délient. Au fil des semaines, la position du président devient de plus en plus difficile : d'anciens collaborateurs l'accusent directement d'avoir participé à la couverture des actes illégaux. Les preuves manquent, mais on apprend qu'il a fait enregistrer en cachette toutes les conversations qui ont eu lieu dans le bureau oval. Les enquêteurs souhaitent obtenir les enregistrements, Nixon s'y oppose, son entourage fait tout pour le couvrir, la justice intervient…

07 septembre 2016

Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer


J'ai lu beaucoup de science-fiction cette année mais je l'ai quand même entrecoupée avec d'autres genres. Alors cette fois-ci, parlons de viande, avec un documentaire qui a eu beaucoup de succès... 


Résumé :

"Comment traitons-nous les animaux que nous mangeons? Convoquant souvenirs d'enfance, données statistiques et arguments philosophiques, Jonathan Safran Foer interroge les croyances, les mythes familiaux et les traditions nationales avant de se lancer lui-même dans une vaste enquête.
Entre une expédition clandestine dans un abattoir, une recherche sur les dangers du lisier de porc et la visite d'une ferme où l'on élève les dindes en pleine nature, J.S. Foer explore tous les degrés de l'abomination contemporaine et se penche sur les derniers vestiges d'une civilisation qui respectait encore l'animal. Choquant, drôle, inattendu, ce livre d'un des jeunes écrivains américains les plus doués de sa génération a déjà suscité passions et polémiques aux Etats-Unis et en Europe."


Mon avis :

C'est un peu surprenant, mais j'ai lu ce livre très connu sur l'industrie de la viande après être devenue végétarienne (voire végétalienne) principalement pour des raisons éthiques. Je n'avais pas besoin de me conforter dans mon engagement car le choix de changer d'alimentation n'a pas été difficile à faire et je ne l'ai jamais regretté. Je n'avais pas non plus besoin de savoir à quel point les animaux sont maltraités dans le circuit de production de la viande, ça n'a pas d'importance pour moi : à partir du moment où nous n'avons pas besoin de viande pour nous nourrir, je ne trouve aucune justification pour tuer un animal dans ce but, qu'il soit bien traité ou non. Mais j'étais quand même curieuse de savoir à quoi ressemblait ce livre qui a beaucoup fait parler de lui et que de nombreux végétariens mentionnent comme déclencheur lorsqu'ils ont fait ce choix alimentaire

04 juin 2011

Eichmann à Jerusalem, de Hannah Arendt

On change un peu de registre ici avec un livre documentaire à la place d'un roman.  Si vous aimez l'histoire, ceci va vous plaire !  Et sinon, d'avance désolée de m'être autant emballée sur un sujet qui me passionne...


Résumé :

En 1961, Adolf Eichmann, haut fonctionnaire allemand sous le Troisième Reich, est enlevé à Buenos Aires par les services secrets israéliens et emmené en Israël pour y être jugé.  Pendant la deuxième guerre mondiale, il était responsable des « affaires juives et de l'évacuation »  et par conséquent a géré d'un point de vue logistique l'identification des victimes de l'extermination raciale et leur déportation vers les camps de concentration. Hannah Arendt, philosophe juive allemande exilée aux Etats-Unis, couvre le procès pour le journal The New Yorker. Ce livre est la compilation de ses chroniques du procès où elle dresse le portrait d'un meurtrier de masse sous les traits d'un homme ordinaire, sans fanatisme, l'incarnation de "la banalité du mal".


Mon avis :

Je suis depuis longtemps fascinée par l'Holocauste.  Je n'arrive pas à imaginer comment une nation civilizée, il y a seulement soixante ans, a pu mener un massacre d'une telle ampleur par pure haine contre un peuple innocent, sans aucun intérêt en soi.  Je ne comprends pas non plus comment des milliers d'hommes (et de femmes) ont collaboré sans état d'âme à un meurtre aussi gigantesque et aussi cruel envers des gens qui vivaient parmi eux.  Je ne peux pas croire que tous les organisateurs de la Solution Finale, de ceux qui ont donné les ordres à ceux qui poussaient les gens dans les chambres à gaz du bout de leurs fusils ou dénonçaient leurs voisins, étaient des sadiques ou des dégénérés moraux.  Mais alors, comment cela a-t-il pu arriver ?  Quel genre d'être humain collabore à un tel massacre, quel état d'esprit peut annihiler toute conscience ?  Ce sont des questions qui me hantent parce que je ne peux même pas concevoir une explication qui me paraisse vaguement plausible.  Et aussi parce qu'il me semble essentiel de comprendre afin de pouvoir éviter que ça ne se reproduise.

Il y a quelques années j'ai lu "La mort est mon métier", une biographie romancée du commandant d'Auschwitz Rudolf Höss écrite par l'historien Robert Merle, un de mes auteurs préférés.  Un ouvrage superbe qui nous permet de découvrir ce qui fait d'un gamin à peu près ordinaire, un homme qui va mettre sur pieds avec beaucoup de zèle des méthodes d'extermination systématique.  Merle nous présente Höss comme un homme normal déshummanisé par les circonstances. C'est une théorie intéressante qui répond en partie à ma question et qui m'a encouragée à approfondir mes recherches en ce sens.

C'est là que j'ai appris que la vision de Merle se rapprochait de celle d'Hannah Arendt, laquelle l'a rendue publique dans son ouvrage "Eichmann à Jérusalem", d'ailleurs sous-titré "Rapport sur la banalité du mal".   C'est ce qui m'a menée à ce livre.  J'espérais y lire à la fois le compte-rendu d'un des procès les plus médiatisés du XXème siècle, mais aussi une approche philosophique, sociologique et psychologique sur la question de savoir ce qui s'était passé dans la tête d'hommes normaux agissant comme des monstres. 

Je dois dire que j'ai été très surprise sous bien des aspects au cours de ma lecture.  La première surprise c'est que ce livre n'est pas un compte-rendu comme je m'y attendais, mais plutôt une analyse du procès.  Arendt n'y présente pas le déroulement du procès de façon linéaire mais plutôt sa substance, divisée en sujets d'analyse, enrichie par une recherche historique et documentaire très approfondie et par une analyse sociologique, psychologique et juridique extrêmement pertinente.  Le tout reste pourtant largement accessible et bien écrit (malgré de longues et nombreuses parenthèses un peu démodées de nos jours).  Arendt fait aussi preuve d'un esprit très critique : elle n'épargne ni la défense ni l'accusation, remet en cause la tenue du procès lui-même, retourne aux bases des fondements juridiques et moraux qui justifient la notion de "crimes contre l'humanité" et remet en perspective les affirmations de tous les intervenants. Depuis 1963, année de publication du livre, cette analyse de l'Holocause restera une référence.

La deuxième surprise c'est que je m'attendais à une présentation théorique du concept de "banalité du mal" bien distinguée du reste du texte. En fait il n'en est rien : tout le livre porte sur le procès et sur les thème abordés par celui-ci.  La "banalité du mal" est en réalité un concept qui se dégage quasiment de lui-même, presque incidemment, à partir de la présentation d'Eichmann qui est faite par Arendt.  

En fait, sous la plume bien documentée d'Arendt, Eichmann n'est pas, comme je m'y attendais (troisième surprise), un grand dignitaire allemand, intelligent, rusé, pervers, à la tête de l'Etat ; le petit frère d'Hitler ou de Heydrich, en somme.  Au contraire, c'est un homme d'intelligence très moyenne, incapable de saisir les non-dits, laissé de côté par les vrais décideurs et arrivé au sommet de sa carrière parce qu'il a choisi "le bon camp".  Il a lu deux livres sur le judaïsme (les deux seuls livres qu'il ait lu dans sa vie) et le voici promu "spécialiste de la question juive" juste avant la guerre, ce qui deviendra un poste important lorsqu'est décidée la Solution Finale. Très longtemps, il croit qu'on va expulser les Juifs vers une terre pour les accueillir et défend des solutions irréalisables.  A la Conférence de Wannsee, ce n'est qu'un petit intervenant qui servira de rapporteur.  Mais une fois les ordres donnés, il pourra enfin faire montre de son seul vrai talent, celui de logisticien qui remplit les trains de Juifs et les emmène jusqu'aux camps de concentration pour vider pays après pays.

Arendt met très clairement en lumière la façon dont Eichmann a, en très peu de temps et de façon assez lâche, réussi à s'asseoir sur sa conscience pour exécuter les ordres et faire carrière.  Elle ne le présente pas comme un antisémite convaincu mais plutôt comme un petit homme ambitieux et sans vraie personnalité.  Même au moment du procès, il ne semble pas capable de se battre correctement pour sa propre vie : ses mensonges sont si maladroits et sa mémoire sélective le sert si mal qu'Arendt y voit plutôt une tendance à se représenter sa vie sous la forme de phrases qui sonnent bien, sans rapport avec la réalité des faits, ce qui lui interdit une vue raisonnée sur son environnement.  Elle décrit notamment sa visite dans un camp de concentration pour venir en aide à un ami juif qui est enfermé ; Eichmann réussit à lui obtenir quelques privilèges et repart avec le sentiment du devoir accompli, alors que l'ami en question se trouve dans un camp de la mort où il décèdera six semaines plus tard.

C'est à partir de là que le lecteur a lui-même la possibilité de se représenter "la banalité du mal". Arendt ne généralise pas cette théorie et s'en tient à l'analyse d'un homme en particulier, mais le lecteur est très tenté de s'offrir ce luxe.  Il ne faut pas croire non plus qu'Arendt nous propose cette représentation comme une excuse : parce qu'un homme normal dans ces circonstances s'est laissé entraîner à participer à des actes aussi atroces, on pourrait penser que tout homme dans ce cas est excusable.  Arendt démonte cette façon de voir de différentes façons, notamment en critiquant violemment l'excuse d'Eichmann selon laquelle "si lui ne l'avait pas fait, un autre l'aurait fait". Il n'en reste qu'elle démontre aussi la faiblesse du système d'extermination nazi : il suffisait d'un rouage qui grippe pour que toute l'opération soit remise en cause.  Et dans la plupart des pays, il n'y a eu aucun petit caillou pour enrayer la machine.

A côté de l'analyse du "cas Eichmann", une foule d'autres informations se bousculent dans ce livre qui n'a pourtant rien d'une encyclopédie.  Il y a notamment la présentation succincte de l'extermination juive pendant la guerre, pays par pays, qui est particulièrement intéressante car les situations ont été extrêmement variées : depuis la Roumanie qui a choqué les Allemands par la barbarie du traitement des Juifs, jusqu'au Danemark dont la résistance passive a réussi à faire annuler toute l'opération.  Il y a aussi l'épineuse et étonnante question de la participation des Conseils Juifs dans la déportation.  Arendt affirme et prouve que dans chaque pays envahi, les Allemands confiaient aux représentants de la population juive la tâche de sélectionner et de préparer les convois vers les camps de concentration.  J'ignorais ce "détail", qui a d'ailleurs donné lieu à des marchandages tout à fait horribles. Arendt va jusqu'à affirmer que sans cette collaboration, l'Holocauste aurait été en grande partie impossible.  

Il y a aussi un passage qui m'a beaucoup marquée, celui qui concerne la Conférence de Wannsee.  Il s'agissait d'un rassemblement de hauts fonctionnaires de l'Etat allemand où Heydrich, adjoint d'Himmler, annonce aux secrétaires d'État des principaux ministères la mise en oeuvre de la Solution Finale.  Pour une entreprise d'une telle envergure, il a besoin du soutien de tous les organes de l'Etat ; mais ce n'est pas gagné d'avance, car ces hauts fonctionnaires de carrière sont en poste depuis très longtemps, bien avant que les nazis ne prennent le pouvoir, ce ne sont pas des SS convaincus comme les proches d'Hitler. On pourrait s'attendre à ce qu'ils se rebellent contre un projet aussi immoral, d'autant plus que (une autre chose qui m'a beaucoup étonnée) aucun dignitaire allemand, avant ou pendant la guerre, n'a été condamné sérieusement pour s'être opposé à l'antisémitisme ; les seules sanctions étaient professionnelles.  Et pourtant, pas un seul des participants à la Conférence de Wannsee n'a émis la moindre objection morale au principe de la Solution Finale.  Au contraire, les intervenants se sont attachés à proposer des solutions concrètes pour sa mise en place effective.  Et eux, ce n'étaient pas de simples fonctionnaires pas très intelligents comme Eichmann, c'étaient les têtes pensantes qui faisaient fonctionner l'Etat en coulisse depuis des années.

Alors, au final, qu'est-ce que j'en retire ?  Plus de questions que de réponses, probablement. Disons qu'il devait y avoir plusieurs classes parmi les collaborateurs à l'Holocauste : les sadiques, les individus incapables de distinguer le bien du mal ou de faire preuve d'empathie, les profiteurs qui avaient un intérêt matériel à se débarrasser de certains Juifs, les hommes normaux endoctrinés par les circonstances, les "suiveurs" peu intelligents du type d'Eichmann. Mais je ne suis pas persuadée que ça explique les milliers de cas d'humains déshumanisés. Et il y a encore tellement de questions parallèles à élucider... 

Bref, un livre interpellant qui devra être suivi par encore bien d'autres avant que je puisse trouver toutes mes réponses, même si Hannah Arendt m'a mise sur la bonne voie. Si vous avez d'autres ouvrages de qualité à me proposer sur ce sujet, n'hésitez pas, je suis preneuse !


Un extrait audio :
Cet extrait (en anglais) est issu du postcript et résume en quelques mots ce qui, dans la personnalité d'Eichmann, lui a permis de devenir un des plus grands criminels de l'histoire.  
       
   

Pour en savoir plus :
- le mémorial de Yad Vashem pour les victimes juives de la Shoah a mis en ligne sur YouTube l'intégralité du procès d'Eichmann avec des sous-titres en anglais.

12 juin 2010

Caravanes, de Philippe Frey

Il y a un mois, les éditions JC Lattès offraient, via Livraddict, de découvrir ce documentaire sur le désert écrit par un aventurier français qui en connaît tous les recoins. Je n'aurais jamais songé à m'intéresser par moi-même à un tel sujet, mais la quatrième de couverture avait l'air alléchante, alors je me suis lancée sur les traces de Philippe Frey à travers les étendues du Sahara...


Résumé :

Etant donné qu'il ne s'agit pas d'un roman mais plutôt de la narration d'une passion, je laisse la parole au passionné :

"Durant des milliers de kilomètres parcourus seul dans les déserts, j'en ai beaucoup croisé, de ces caravanes. J'étais frappé par cette vie insoupçonnée qui surgissait subitement au détour d'une dune. Alors que, dans d'autres endroits, on peut ne rencontrer aucune vie humaine pendant près de deux mois !

Les nomades parcourent ces pistes telle une araignée sur sa toile. Quels sont les secrets de ces fabuleux voyageurs ? Comment font-ils pour s'orienter sans montre et sans boussole ? Pourquoi ne perdent-ils pas toutes leurs bêtes, alors qu'il n'y a jamais de pâturages sur ces zones ? Conduisent-ils la nuit, et dans ce cas, comment repèrent-ils leur route ? Comment font-ils pour ne pas se dissoudre sous le soleil de plomb, omniprésent ?

C'est ainsi que j'ai effectué toutes les caravanes du Sahara, du moins les plus grandes et les plus importantes - une dizaine environ -, celles qui vivent encore, celles qui ont été oubliées. Tantôt seul, tantôt avec ces chameliers qui m'ont tout appris.

Le Sahara vit au rythme de ses caravanes immuables et j'ai eu l'indicible honneur de vivre à leurs côtés."


Mon avis :

En guise d'introduction, une petite précision nécessaire : une caravane, ce n'est pas un véhicule, sous la plume de Philippe Frey ; c'est une piste, un tracé ancestral que les nomades empruntent pour aller chercher au travers du Sahara les denrées dont ils ont besoin ou qu'ils vont revendre.

Et Philippe Frey sait de quoi il parle. Depuis son adolescence, il parcourt le désert de long en large tel un vrai nomade. C'est ainsi qu'il a eu l'occasion, sur des dizaines d'années, de parcourir ces caravanes. Certaines étaient devenues légendaires car les puits s'étaient taris et l'auteur a ainsi risqué sa vie pour suivre la piste sans savoir s'il pourra boire et faire boire son chameau. D'autres parcouraient des étendues instables politiquement, avec le risque de croiser des rebelles de tous poils qui ne manqueraient pas de remarquer le nomade blond. Chacune de ces traversées du désert lui a valu ses propres aventures, que ce soit humaines, physiques, anthropologiques.

En ouvrant ce livre, je ne savais rien du Sahara. En le refermant, j'ai l'impression d'y avoir passé des vacances. Si on sent que l'auteur n'est pas un écrivain professionnel, l'absence de style est largement compensé par la passion qui suinte de chaque mot. Philippe Frey a croqué le désert de toutes ses forces, et on ne peut que dévorer avec lui.

Chaque chapitre raconte une nouvelle traversée (présentée sur une carte rudimentaire), dans un nouveau pays, un autre coin du Sahara. L'auteur dépeind à la fois les grands événements de la région et les petites détails de la vie du nomade : comment nourrir son chameau, comment s'assurer qu'il ne s'enfuit pas pendant la nuit, comment se nourrir dans le désert, etc. Et après chaque traversée on s'étonne de trouver autant de diversité dans ces grandes étendues de dune. Au bout de cette lecture, le mot "désert" ne représente plus une grande étendue sans vie mais un énorme terrain d'aventures. On voudrait presque y aller, alors même que les déboires divers de Philippe Frey sont plus effrayants les uns que les autres. C'est dire s'il réussit à nous communiquer sa folie !

Pour terminer, un petit passage anecdotique, comme il y a en beaucoup au fil des pages :
D'autres fois, dans les grands regs sableux, j'ai découvert d'autres petites pierres, rondes et noires celles-là. Autour, souvent, quelques éclats jaunis d'oeufs d'autruches. Cette fois, je connais la réponse de ce nouveau mystère : vivait ici, il y a bien longtemps, outre l'autruche, un vautour charognard, le gypaète barbu. Le seul moyen que le rapace avait trouvé pour casser un oeuf d'autruche à la paroi résistante était de le fêler avec un caillou qu'il était allé chercher parfois très loin. La femelle autruche a beau jouer l'animal blessé pour tenter d'attirer le prédateur vers elle, il percute la coquille, la brise, et se délecte de l'intérieur. Des sièces et des millénaires plus tard, il ne reste que le caillou et des éclats calcaires jaunis.

Un énorme merci aux éditions JC Lattès pour cette belle découverte, que je conseille à tous !


Pour en savoir plus :
- la page bibliomania du livre, avec ses références et les avis d'autres lecteurs ;
- les avis de Nanet et Latite06, toutes les deux enthousiastes.