J'avais trois bonnes raisons de lire ce roman :
1. Il faisait partie d'une lecture commune proposée par Evertkhorus sur Livraddict et devenue entretemps très populaire ;
2. Il faisait partie du challenge "100 ans de littérature américaine" qu'il est bien temps que je poursuive (j'ai promis de lire 6 livres sur ce thème avant la fin de l'année);
3. C'est un classique dont j'ai beaucoup entendu parler, sans savoir de quoi il s'agissait, et la curiosité me titillait abominablement.
Voici donc le résultat de la combinaison de ces trois forces irrésistibles...
Résumé :
La petite Scout, six ans, vit la vie d'une enfant blanche dans l'Amérique des années 30. Elle passe ses journées à jouer avec son frère Jem et leur ami Dill, ses soirées à apprendre à lire auprès de son père Atticus, s'invente des défis autour du mystère du voisin qui ne sort jamais de chez lui... Mais l'univers de sa paisible petite ville est chamboulé quand un ouvrier noir est accusé du viol d'une jeune fille blanche. Le père de Scout est nommé avocat de la défense et prend sa tâche très à coeur, au milieu d'une communauté qui dévoile son racisme profond.
Mon avis :
Tout d'abord, il faut savoir que la couverture du livre que j'ai lu n'est pas celle qui illustre cet article. Mon édition, empruntée à la bibliothèque municipale, était une version en langue originale très ancienne, replastifiée à plusieurs reprises, aux pages jaunies par l'âge, et pourtant en excellent état. Ce n'est absolument pas une critique : au contraire, j'ai eu d'autant plus de facilité à me plonger dans l'époque représentée que mon édition en était presque contemporaine. Ah, le plaisir des pages qui ont bien vieilli !
Je regrette quand même un peu de ne pas avoir acheté ce livre car j'aurais pris beaucoup de plaisir à le lire et le relire. Je ne sais pas pourquoi, j'imaginais qu'il s'agissait de quelque chose de beaucoup plus grave. Sensible comme je le suis, j'avais peur de me retrouver dans des histoires cruelles de lynchages et autres joyeusetés qu'a pu produire l'époque de la ségrégation raciale aux Etats-Unis.
Mais une grande partie de l'intérêt de ce livre découle du fait qu'il a pour narrateur une petite fille adorable. Ses aventures d'enfant, qui constituent toute la première partie du livre, ressemblent à celles du petit Nicolas : on sourit et se laisse emporter par son imagination débordante et les petits mystères de son quartier. Cette partie est plus longue que ce à quoi on peut s'attendre en lisant le résumé, qui semble centrer l'intrigue sur le procès, mais on ne s'ennuie pas une seconde : le petit mystère de l'homme enfermé chez lui depuis des années, le fameux Boo Radley, nous tient en haleine autant qu'il captive la petite Scout.
Puis vient la suite, la partie plus grave du procès et du racisme qu'il dévoile. Et là, l'auteur joue à un petit jeu tout à fait remarquable : il s'ingénie à faire découvrir au lecteur l'atmosphère sociale tendue, en utilisant une narratrice qui elle-même ne comprend pas réellement ce qu'il se passe. Le passage nocturne en face de la prison, où la petite Scout sauve probablement la vie de son père sans même se rendre compte du danger, est absolument admirable, et je l'ai relu plusieurs fois. Les épisodes dramatiques ne sont en rien diminués mais l'ensemble du roman prend un air touchant et léger qu'il n'aurait pas pu avoir si le narrateur avait été un adulte.
Dans la galerie de personnages présentés au fur et à mesure du récit, je suis tombée sous le charme du père, Atticus. C'est un homme qui non seulement est d'une droiture à toute épreuve, mais qui en plus s'abstient de stigmatiser ceux qui sont dans l'erreur. Sa raison de défendre les droits des noirs n'est pas un humanisme dévoué, mais une constatation simple : puisqu'ils ont moins de droits que les blancs, les blancs doivent être particulièrement attentifs à respecter ces droits. Ne pas le faire c'est comme "tuer un oiseau moqueur", détruire un être innocent qui ne nous fait aucun mal et est à notre merci.
Il y aurait beaucoup, beaucoup à dire sur ce livre, sur les thèmes du racisme, de l'innocence, de la figure du père qu'il aborde. Mais l'important c'est que c'est un roman plein de charme, tout en nuances, agréable à lire, truffé d'humour et parsemé de moments poignants. Vraiment, une lecture à ne pas manquer.
1. Il faisait partie d'une lecture commune proposée par Evertkhorus sur Livraddict et devenue entretemps très populaire ;
2. Il faisait partie du challenge "100 ans de littérature américaine" qu'il est bien temps que je poursuive (j'ai promis de lire 6 livres sur ce thème avant la fin de l'année);
3. C'est un classique dont j'ai beaucoup entendu parler, sans savoir de quoi il s'agissait, et la curiosité me titillait abominablement.
Voici donc le résultat de la combinaison de ces trois forces irrésistibles...
Résumé :La petite Scout, six ans, vit la vie d'une enfant blanche dans l'Amérique des années 30. Elle passe ses journées à jouer avec son frère Jem et leur ami Dill, ses soirées à apprendre à lire auprès de son père Atticus, s'invente des défis autour du mystère du voisin qui ne sort jamais de chez lui... Mais l'univers de sa paisible petite ville est chamboulé quand un ouvrier noir est accusé du viol d'une jeune fille blanche. Le père de Scout est nommé avocat de la défense et prend sa tâche très à coeur, au milieu d'une communauté qui dévoile son racisme profond.
Mon avis :
Tout d'abord, il faut savoir que la couverture du livre que j'ai lu n'est pas celle qui illustre cet article. Mon édition, empruntée à la bibliothèque municipale, était une version en langue originale très ancienne, replastifiée à plusieurs reprises, aux pages jaunies par l'âge, et pourtant en excellent état. Ce n'est absolument pas une critique : au contraire, j'ai eu d'autant plus de facilité à me plonger dans l'époque représentée que mon édition en était presque contemporaine. Ah, le plaisir des pages qui ont bien vieilli !
Je regrette quand même un peu de ne pas avoir acheté ce livre car j'aurais pris beaucoup de plaisir à le lire et le relire. Je ne sais pas pourquoi, j'imaginais qu'il s'agissait de quelque chose de beaucoup plus grave. Sensible comme je le suis, j'avais peur de me retrouver dans des histoires cruelles de lynchages et autres joyeusetés qu'a pu produire l'époque de la ségrégation raciale aux Etats-Unis.
Mais une grande partie de l'intérêt de ce livre découle du fait qu'il a pour narrateur une petite fille adorable. Ses aventures d'enfant, qui constituent toute la première partie du livre, ressemblent à celles du petit Nicolas : on sourit et se laisse emporter par son imagination débordante et les petits mystères de son quartier. Cette partie est plus longue que ce à quoi on peut s'attendre en lisant le résumé, qui semble centrer l'intrigue sur le procès, mais on ne s'ennuie pas une seconde : le petit mystère de l'homme enfermé chez lui depuis des années, le fameux Boo Radley, nous tient en haleine autant qu'il captive la petite Scout.
Puis vient la suite, la partie plus grave du procès et du racisme qu'il dévoile. Et là, l'auteur joue à un petit jeu tout à fait remarquable : il s'ingénie à faire découvrir au lecteur l'atmosphère sociale tendue, en utilisant une narratrice qui elle-même ne comprend pas réellement ce qu'il se passe. Le passage nocturne en face de la prison, où la petite Scout sauve probablement la vie de son père sans même se rendre compte du danger, est absolument admirable, et je l'ai relu plusieurs fois. Les épisodes dramatiques ne sont en rien diminués mais l'ensemble du roman prend un air touchant et léger qu'il n'aurait pas pu avoir si le narrateur avait été un adulte.
Dans la galerie de personnages présentés au fur et à mesure du récit, je suis tombée sous le charme du père, Atticus. C'est un homme qui non seulement est d'une droiture à toute épreuve, mais qui en plus s'abstient de stigmatiser ceux qui sont dans l'erreur. Sa raison de défendre les droits des noirs n'est pas un humanisme dévoué, mais une constatation simple : puisqu'ils ont moins de droits que les blancs, les blancs doivent être particulièrement attentifs à respecter ces droits. Ne pas le faire c'est comme "tuer un oiseau moqueur", détruire un être innocent qui ne nous fait aucun mal et est à notre merci.
Il y aurait beaucoup, beaucoup à dire sur ce livre, sur les thèmes du racisme, de l'innocence, de la figure du père qu'il aborde. Mais l'important c'est que c'est un roman plein de charme, tout en nuances, agréable à lire, truffé d'humour et parsemé de moments poignants. Vraiment, une lecture à ne pas manquer.
Pour en savoir plus :
- Les avis de mes co-lecteurs et lectrices :
- les enthousiastes : Stellade, Evertkhorus, Frankie, Elora, Leyla, Mrs Pepys, Elizabeth-Bennet, latitesib, Pickwick, Chaplum, Calypso
- les un peu moins convaincus : Anjelica, Fattorius, Liyah
(n'hésitez pas à me signaler dans les commentaires si j'en ai oublié)
- La page Bibliomania du livre, avec les infos techniques et d'autres avis.




