14 novembre 2017

Un cadavre dans la bibliothèque, d'Agatha Christie


Je vous ai déjà parlé plusieurs fois d'Agatha Christie sur ce blog, mais généralement en me concentrant sur les titres moins connus de sa gigantesque bibliographie. Cette fois-ci, je chronique l'un de ses romans les plus classiques.


Résumé :

Le colonel Bantry et son épouse ont du mal à croire leurs domestiques quand on leur annonce un jour, au réveil, qu'il y a un cadavre dans leur bibliothèque... Le corps d'une jeune femme habillée de façon un peu vulgaire est en effet allongé sur le tapis. Le colonel ne l'a jamais vue, mais son épouse sait que les rumeurs naîtront bientôt si on ne découvre pas rapidement le meurtrier et pourquoi le corps a atterri chez eux. Heureusement, elle peut compter sur l'aide de son amie Jane Marple, qui connaît bien la nature humaine et a déjà fait ses preuves en tant que détective amateur...


Mon avis :

De temps en temps, ça fait du bien de se plonger dans une lecture facile, comme par exemple un petit polar gentiment mystérieux et pas trop chargé émotionnellement. Agatha Christie fait ça très bien : elle nous raconte souvent des histoires bien ficelées, pas trop longues, particulièrement peu sanglantes pour des histoires de meurtres, mais où le dénouement de l'intrigue ressemble à un puzzle dont on attend avec impatience la résolution.  Celui-ci ne fait pas mentir la règle.

Ceci dit, je pense qu'on sous-estime souvent la profondeur de ces romans, au-delà de leur qualité dans la construction de l'intrigue. Par exemple, un point me taraude depuis des années : pourquoi les personnages sont-ils toujours aussi caricaturaux ?  Agatha Christie est-elle si peu douée dans leur construction qu'elle est obligée de recourir toujours aux mêmes moules exagérés ?  Ou bien a-t-elle choisi volontairement de caricaturer ses personnages pour se moquer gentiment de la société dans laquelle elle évolue ? J'ai longtemps hésité et j'hésite toujours. D'un côté je ne peux pas imaginer qu'une femme capable de construire des intrigues aussi complexes puisse être aussi maladroite dans la création de ses personnages, d'autant plus que certains d'entre eux sont plutôt réussis ; d'un autre, si c'est une satyre, elle pourrait (et devrait) être plus comique que ça.

Je me suis à nouveau posée cette question en lisant ce roman, avec cette fois-ci un début de réponse fourni par l'auteur elle-même : elle explique dans la préface de mon édition en anglais qu'elle souhaitait, en écrivant ce livre, reprendre le thème ultra éculé (ah bon ?) du cadavre dans la bibliothèque pour le tourner à sa façon. On imagine donc qu'elle s'est amusée à en exploiter les aspects les plus ridicules en le mettant entre les mains de ses personnages les plus caricaturaux (les Bantry font clairement partie de ceux-là). Mais elle n'arrive à rendre les choses amusantes que pendant quelques pages (la découverte du corps par les Bantry est hilarante) ; après, les personnages restent caricaturaux, assez ridicules dans leur manque de réalisme et de profondeur (leur excès de conventionnalisme ?), mais plus vraiment comiques non plus. Serait-ce une satyre à moitié ratée alors ?

Je reste donc sur ma faim. Agatha Christie est la reine du Whodunnit et je passe invariablement un très bon moment à essayer de deviner l'identité du meurtrier tout en sachant que je n'y arrive jamais. Mais je reste aussi terriblement frustrée par ses personnages. Ca ne m'a pas empêchée de passer un excellent moment de lecture à essayer de deviner le coupable aux côtés de Miss Marple que j'apprécie toujours ! 


Pour en savoir plus :
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