Affichage des articles dont le libellé est aventures. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est aventures. Afficher tous les articles

26 juin 2018

L'apprentissage du guerrier, de Lois McMaster Bujold


Je vous avais promis de continuer la saga Vorkosigan pour découvrir les aventures de son héros principal, Miles... Et voilà une promesse qui m'a fait passer un bon moment !


Résumé :

Miles Naismith-Vorkosigan a 17 ans et rêve d'entrer à l'Académie Impériale de sa planète, Barrayar. Malheureusement, un attentat avant sa naissance a limité sa croissance et rendu ses os très fragiles, et même sa position d'héritier d'un titre de conte et de fils du premier ministre de l'Empereur ne lui permet pas de surmonter de tels obstacles à une carrière militaire. Le temps de se trouver un autre avenir, Miles emmène son garde du corps, Bothari, et la fille de celui-ci, Elena, en vacances chez sa grand-mère sur la planète Beta. Il espère en profiter pour découvrir l'identité secrète de la mère d'Elena ; à la place, de petit mensonge en gros coup de poker, Miles se retrouve embarqué au coeur d'aventures de plus en plus périlleuses où la seule chose qui peut le sauver c'est son ingéniosité et son immense culot.


Mon avis :

J'ai mis un mois à lire ce livre, mais uniquement parce que je l'ai commencé juste après les deux premiers tomes de cette série, narrés par la mère de Miles, Cordélia ; j'avais adoré les aventures de Cordélia et des autres héros, et j'ai eu un peu de mal à m'adapter aux aventures de son fils, beaucoup plus légères de prime abord.  Mais après une petite pause aux environs des 20% du livre, je l'ai repris en main et je ne l'ai plus lâché.

11 octobre 2015

Les Salauds Gentilshommes, tome 3 : La République des voleurs, de Scott Lynch


Je vous ai parlé il y a déjà quelques temps des tomes 1 et 2 de la série des Salauds Gentilhommes. A l'époque, je m'étais jetée ensuite sur le tome 3 (en audiolivre comme les deux premiers), mais je ne vous en avais pas parlé. Il est temps que je répare cette grave erreur, car cette série est certainement l'un de mes coups de coeur de cette année !  Attention, si vous n'avez pas lu les tomes 1 et 2, impossible d'éviter les spoilers !


Résumé :

A la suite des aventures précédentes de nos Salauds Gentilhommes, notre pauvre Locke est mal en point : il est sur le point de mourir d'un poison apparemment sans antidote. Son dernier espoir : un marché avec une mystérieuse dame qui l'engage pour jouer un jeu politique très complexe où tous les coups sont permis. Locke et Jean savent qu'ils sont très doués à ce genre de choses et seraient presque certains de gagner... s'ils n'avaient pas un adversaire particulièrement doué et qui les connaît beaucoup trop bien.


Mon avis :

Il est grand temps que je vous parle de ce roman !  Après vous avoir fait l'éloge du premier et du deuxième tome de la série des Salauds Gentilhommes, je ne vous ai pas encore parlé de ce troisième. La raison n'est pas qu'il m'a déçu, au contraire : je l'ai tout autant adoré que les deux autres, peut-être même plus !

12 juillet 2015

Résilience : Histoire d'un survivant, de Steeve Hourdé


Je sors tout juste d'une petite pause bloguesque involontaire due à une vie fort chargée ces dernières semaines. Ca ne m'a pas empêché de lire et j'ai plusieurs chroniques à vous présenter. Voici la première, concernant un récit d'aventure et de survie...


Résumé :

Lorsque le ciel s'ouvre brusquement pour donner accès à un autre monde, l'humanité s'organise et choisit d'envoyer une équipe d'explorateurs. Le jeune Français Robin en fait partie, mais les choses ne se déroulent pas comme prévues et dès le début il se retrouve seul à devoir affronter un environnement très, très hostile...


Mon avis :

J'ai reçu ce roman en partenariat de la part de l'auteur via Livraddict, et quand j'ai finalement trouvé le temps de le lire, plusieurs semaines s'étaient écoulées. Le résultat c'est que j'avais complètement oublié le résumé et que je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Tant mieux : j'aime les surprises, et celle-ci en fut une !

06 juin 2015

Le vagabond et quatre autres thrillers, de Alan Spade


Je varie beaucoup les genres, ces temps-ci ; si on faisait un petit tour du côté du récit d'aventures ? 


Résumé : 

Vick Lempereur est un ancien mercenaire qui essaie de laisser son existence violente derrière lui. Mais c'est l'aventure qui le poursuit... En Mauritanie, il est témoin d'un meurtre à bord d'un train ; en Tanzanie, un safari très particulier changera sa vie ; en France, il se retrouve au coeur d'un scandale pharmaceutique... Trois nouvelles entrecoupées d'une quatrième à propos d'un jeu vidéo mortel, et d'une cinquième qui nous dévoile les dangers de suivre son GPS aveuglément...


Mon avis : 

Voici un livre que j'ai découvert grâce à un partenariat Livraddict avec l'auteur, que je remercie pour cet envoi !  Je suis justement dans une période où, après avoir dévoré quelques pavés plutôt complexes, j'avais besoin d'histoires courtes et rythmées. J'ai trouvé exactement ce que je cherchais dans ce recueil de nouvelles d'Alan Spade.

31 mai 2015

Les Salauds Gentilshommes, tome 2 : Des horizons rouge sang, de Scott Lynch


Je commence à rattraper mon retard de chroniques en vous parlant de ce roman qui est le deuxième tome d'une série d'aventure et de fantasy et qui confirme mon verdict sur le premier tome : extraordinaire !


Résumé :

Nos deux Gentlemen Bastards, Locke et Jean, ont quitté leur ville de Camorre et se sont installés à Tal Verrar avec un plan précis : dévaliser L'Aiguille du péché, une maison de jeu réputée dont le trésor est apparemment inviolable. Sauf pour nos héros, évidemment, qui pour l'occasion sont devenus des spécialistes de la triche, de l'escalade et des meubles antiques... Mais l'imprévu n'est jamais loin : les Mages Esclaves, qu'ils ont privé de leur victoire à Camorre, n'ont pas dit leur dernier mot. Et voilà Locke et Jean obligés d'ajouter en urgence un nouveau talent à leur immense répertoire : l'art de la piraterie...


Mon avis :

Après avoir écouté l'audiolivre en VO du tome 1 de cette série "Les Salauds Gentilhommes", j'ai bien entendu plongé sur le tome 2 (je crois que c'était bien le but de la promotion qui m'a permis d'acquérir le 1 à un prix imbattable... et ça a vraiment bien fonctionné !). Ce fut un véritable plaisir que de retrouver nos deux héros pleins de bagou et de cran.

04 décembre 2014

Le Déchronologue, de Stéphane Beauverger


Comme chaque mois, voici la lecture du Cercle d'Atuan pour novembre... et, encore une fois, j'ai été conquise !


Résumé :

Le capitaine Henri Villon est sur le point de mourir, victime avec son bateau, le Déchronologue, d'une bataille navale impossible face à un ennemi apparemment invincible. Rien ne le destinait pourtant à devenir le champion qui tenterait de sauver le monde du chaos temporel. Il y a quelques années seulement (si le temps a encore réellement un sens), Villon n'était qu'un pirate des caraïbes comme les autres, avide de richesses, en particulier les étranges "maravillas", ces objets rares et merveilleux à l'origine énigmatique. Mais le destin, après l'avoir beaucoup éprouvé, a fait de lui le témoin du chaos temporel où est plongé le monde, et le seul marin armé pour défendre les mers contre l'incursion d'ennemis d'autres époques.


Mon avis :

Je ne sais comment ce roman a atterri dans ma wish-list, mais j'imagine qu'au détour d'une chronique, le résumé d'une intrigue mélangeant histoire, aventure et fantastique a dû m'interpeler. Ce n'est qu'après qu'il ait été élu comme lecture du mois par le Cercle d'Atuan que j'ai eu quelques doutes : de nombreux commentaires sur Bibliomania parlaient d'une lecture complexe, assuraient qu'il fallait "s'accrocher", et la table des matières composée de chapitre dans le désordre semblait leur donner raison. Je m'attendais donc à un livre qui nécessiterait un niveau d'attention maximum, quelque chose qui serait intéressant mais probablement pas particulièrement délassant. Quelle erreur !

28 août 2014

Jésus contre Hitler (l'intégrale) de Neil Jomunsi


"Jésus contre Hitler", c'est une série de quatre épisodes en format ebook dont on a pas mal parlé sur la blogosphère. Alors, est-ce que le contenu est à la hauteur du titre alléchant ?


Résumé : 

"Nous sommes à la fin des années 1960 et David Goldstein, l’un des fleurons des armées de l’Oncle Sam, est recruté par l’Agence B., peut-être l’organisme le plus secret et le plus étrange du gouvernement américain. Là, il va faire la connaissance de son nouveau collègue et surtout découvrir que l’un des pires criminels de l’histoire n’est pas aussi mort que le grand public ne le croit."
(résumé d'Herbefol)


Mon avis :

Voici une série qui me chatouillait la curiosité depuis quelques temps déjà. Les copines Thalia, Iluze et Helran avaient lu et commenté le premier tome et en parlaient comme d'un divertissement décalé plutôt réussi. Le titre promettait quelque chose de complètement barré, plein d'ironie et d'humour, mais l'humour justement c'est quelque chose de périlleux et j'avais très peur que cette série, à force de chercher l'originalité à tout prix, devienne vite pénible. Il n'empêche que "Jésus contre Hitler" restait en bonne place dans ma wishlist, alors quand Neil Jomunsi a proposé l'intégrale gratuitement à l'occasion du Ray's Day, je n'ai pas hésité. 

30 novembre 2011

Terre des hommes, d'Antoine de Saint-Exupéry

Après un passage "fantasy" intense, je voulais changer un peu d'univers.  J'ai pris au passage un roman qui traîne dans ma bibliothèque depuis toujours... Et je l'ai dévoré en une journée.


Résumé :

"La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres.  Parce qu'elle nous résiste.  L'homme se découvre quand il se mesure avec l'obstacle.  Mais, pour l'atteindre, il lui faut un outil. Il lui faut un rabot, ou une charrue.  Le paysan, dans son labour, arrache peu à peu quelques secrets à la nature, et la vérité qu'il dégage est universelle.  De même l'avion, l'outil des lignes aériennes, mêle l'homme à tous les vieux problèmes."


Mon avis :

J'ai choisi comme résumé le tout premier paragraphe du livre parce qu'en effet, il résume bien l'ensemble de cette oeuvre beaucoup plus profonde que ce que ses 182 pages aérées pourraient laisser présager.
On y parle d'avion, et c'est bien l'avion qui est le grand héros de cette histoire.  L'auteur fut un aviateur passionné au moment où l'aviation en était encore à ses débuts et où chaque vol était une aventure risquée.  Sans les outils de navigation modernes, les pilotes naviguaient à l’œil, s'orientaient grâce aux lumières et aux paysages, risquaient sans cesse de se perdre ou d'emboutir une montagne. Inutile de dire que dans un tel environnement, les pilotes et leurs techniciens étaient de véritables aventuriers, des passionnés et des fous. Ils apprenaient avant tout à se poser en catastrophe aux quatre coins du monde et, pour ça, à étudier les moindres détails de cartes pas toujours très fiables.

06 octobre 2011

The Dream-Quest of Unknown Kadath, de H.P. Lovecraft

The Dream-Quest of Unknown Kadath, en français, À la recherche de Kadath, est une nouvelle d'une centaine de pages de Howard Phillips Lovecraft, le créateur du tentaculaire mythe de Cthulhu, un des piliers du fantastique moderne. En France, le texte a été publié dans le recueil Démons et merveilles, avec les trois autres histoires, beaucoup plus courtes, mettant en scène le personnage discret de Randolph Carter. Pour ma part, j'ai préféré le lire dans sa version originale, publiée dans l'oeuvre intégrale de l'auteur en trois volumes chez Arkham House.


Résumé :

Randolph Carter n'est pas un doux rêveur, c'est un rêveur chevronné ! Il n'a même pas peur de s'adresser directement aux dieux pour trouver la cité merveilleuse au couchant qu'ils lui interdisent de rêver. Mais pour présenter sa requête, il lui faut d'abord atteindre leur sanctuaire, Kadath l'inconnue, au sommet duquel trône leur château d'onyx, et dont nul ne connaît l'emplacement. Pour accomplir sa quête onirique, l'intrépide Carter va remuer ciel et terre, s'envoler vers la lune où s'ébattent les chats, escalader le versant caché de Ngranek à la recherche du visage gravé, s'évader des profondeurs du val de Pnath avec des goules, longer les carrières d'Inganok scindées par les dieux, traverser les plateaux glacés de Leng. Mais parviendra-t-il à son but quand l'ombre de Nyarlathotep, le Chaos Rampant, semble épier chacun de ses mouvements ?


L'avis de Sanjuro :

Malgré toutes ses belles promesses, The Dream-Quest of Unknown Kadath est une oeuvre mineure de H.P. Lovecraft. A l'époque où elle fut écrite, en 1927, c'était pourtant une entreprise ambitieuse pour son auteur, habitué aux nouvelles et à la poésie, qui signait là son texte le plus long. Bien qu'on y trouve les monstres et l'atmosphère inquiétante auxquels il doit son succès, Kadath se présente avant tout comme un récit d'aventures. Et c'est peut-être là où le bât blesse: Lovecraft n'est pas dans son élément, dans sa chère Nouvelle-Angleterre hantée d'indicibles secrets. Ironie suprême, d'une certaine façon, c'est aussi la conclusion à laquelle arrive l'histoire !

Carter traverse différentes régions de ce monde imaginaire, faisant la rencontre des peuplades variées qui y vivent, voyageant à dos de zèbre ou d'oiseau monstrueux, suivant des indices et échappant à des traquenards, toujours obnubilé par l'objet fantastique de sa quête. Le voici qui se fait kidnapper... avant de triompher grâce à l'intervention de quelque allié inattendu. C'est, dans le fond, de l'aventure tout ce qu'il y a de classique, mais pas forcément très convainquante. Il y a une grande inégalité, beaucoup de hauts et de bas, de moments où l'on commence à se sentir emporté par le récit, comme dans les bons romans, avant de retomber soudain comme une masse molle, rejeté par cet univers que l'on a du mal à prendre au sérieux.

La faute en revient en partie à la réputation du mythe de Cthulhu, dont le renom, la portée, ont dépassé au gré des décennies le talent de son auteur. On attend quelque chose de grand et de terrible alors on a du mal à lui pardonner certaines légèretés: ces goules qui se comportent comme de braves toutous, ces dieux un peu mous qui semblent fuir les humains et ces monstres fantoches qu'on nous dit effrayants mais qui s'expédient tous comme on éclaterait des bulles. Contrairement à d'autres de ses histoires, ce qui rôde dans les ténèbres n'arrive à produire ici qu'une nuance de peur. Un des meilleurs passages à ce titre est celui dans le monastère sans fenêtre, ce mastaba polaire où réside le grand prêtre vêtu de jaune et voilé de rouge. Dans ces dédales aveugles, écrasé de claustrophobie, un début de terreur enfin éclot.

On aime aussi les belles et grandes descriptions, les fameux paysages cyclopéens et les vues de cauchemar, qui se dressent avec beaucoup d'emphase et d'intensité, comme le démontre le passage suivant:

"Then came a wide gap in the range, where the hideous reaches of transmontane Leng were joined to the cold waste on this side by a low pass through which the stars shone wanly. Carter watched this gap with intense care, knowing that he might see outlined against the sky beyond it the lower parts of the vast thing that flew undulantly above the pinnacles. The object had now floated ahead a trifle, and every eye of the party was fixed on the rift where it would presently appear in full-length silhouette. Gradually the huge thing above the peaks neared the gap, slightly slackening its speed as if conscious of having outdistanced the ghoulish army. For another minute suspense was keen, and then the brief instant of full silhouette and revelation came; bringing to the lips of the ghouls an awed and half-choked meep of cosmic fear, and to the soul of the traveller a chill that has never wholly left it. For the mammoth bobbing shape that overtopped the ridge was only a head—a mitred double head—and below it in terrible vastness loped the frightful swollen body that bore it; the mountain-high monstrosity that walked in stealth and silence; the hyaena-like distortion of a giant anthropoid shape that trotted blackly against the sky, its repulsive pair of cone-capped heads reaching half way to the zenith."

Il y a du bon dans Kadath, et les fans de Cthulhu le liront, sinon avec avidité, au moins avec intérêt. Le récit malheureusement ne se compose pas uniquement de perles comme celle-ci, plutôt rares. Le style a également sa part de responsabilité. Relativement froid, purement descriptif, sans dialogues à l'exception de la tirade finale, il ne parvient pas à instaurer l'esprit épique indispensable. Lovecraft cède a des enfantillages: beaucoup de répétitions qui ne produisent pas l'effet désiré, une certaine fadeur à décrire le beau et le merveilleux (à l'inverse de l'affreux et du terrible), et un univers auquel il manque décidément une cohésion. Le domaine du rêve ne justifiant pas tout !

H.P. Lovecraft lui-même avait la lucidité de reconnaître que ce n'est pas une très bonne histoire. A l'inverse de son confrère et ami Robert E. Howard, auteur de Conan, il n'était visiblement pas à l'aise dans le récit d'aventure. Son imaginaire, plutôt que de s'y épanouir, regarde constamment dans une autre direction, ce trou sombre plein de mystère et d'horreur qui débouche quelque part dans une cave abandonnée d'Arkham.

08 juin 2011

Voyage au centre de la terre, de Jules Verne

Il y a des jours où un bon bouquin vous sauve un mauvais week-end. Ce fut le cas le week-end de Pâques, que j'ai passé, contrainte et forcée, à travailler manuellement entourée de gens qui ne parlaient pas ma langue.  Dans ces cas-là, une seule planche de salut : un bon audiolivre sur mon iPod.  


Résumé :

Le professeur Otto Lidenbrock, savant allemand, découvre dans un vieux livre islandais un document mystérieux écrit en runes et codé.  Lorsque son neveu Axel et lui arrivent à le déchiffrer, ils découvrent que ce message mystérieux a été écrit par Arne Saknussemm, un chimiste islandais du XVIème siècle, qui prétend avoir atteint le centre de la Terre en passant par le cratère d'un volcan. Aussitôt, le professeur Lidenbrock entraîne son neveu pour reproduire cette grande aventure...


Mon avis :

Le plaisir que l'on trouve à écouter un audiolivre dépend en grande partie de la voix du lecteur.  J'ai déjà eu de mauvaises expériences, des lecteurs qui avaient une voix ennuyeuse, traînante, ne correspondant pas à l'oeuvre qu'ils lisaient. Mais j'ai surtout eu d'excellentes surprises, des lecteurs passionnants, des voix parfaitement adaptées à la lecture, en bref des audiolivres où le plaisir était doublé par le fait de s'entendre raconter l'histoire. 

"Voyage au centre de la terre" fut de ces expériences positives.  Je m'étais fournie chez mon dealer préféré, www.litteratureaudio.com, qui offre gratuitement des audiolivres d'oeuvres dans le domaine public.  Cette fois-ci le lecteur était un certain Damien Genevois et j'ai adoré sa façon de raconter l'histoire : il arrivait à transmettre l'enthousiasme et la naïveté du neveu du héros et parvenait à donner un ton naturel aux descriptions parfois un peu ardues de lieux ou de théories scientifiques.  Un vrai plaisir à écouter !

En ce qui concerne l'histoire, c'est du très bon Jules Verne, un de mes préférés.   Sur les traces d'un savant islandais qui a laissé un message codé dans un vieux bouquin, le jeune Axel se fait entraîner par son oncle au coeur d'un volcan dans le but d'atteindre le centre de la terre. Il y va en traînant la patte, tiré par son oncle et poussé par sa fiancée secrète.  Le manque de caractère du jeune homme est assez pénible par moments mais c'est un excellent narrateur malgré tout.

Comme d'habitude, Verne nous concocte un voyage formidable, rempli d'aventures et d'images grandioses.  On y rencontre une mer souterraine où soufflent des geysers géants et des orages électriques impressionnants, un champ de champignons gigantesques et d'arbres pétrifiés, on y meurt de soif, on s'y perd dans un dédale de galleries, on y voyage sur le dos d'un ascenseur de lave en fusion... Le lecteur comme les personnages n'ont pas droit à un moment de repos, à part pour admirer le monde autour d'eux ! 

Le plus amusant dans cette histoire est que Jules Verne la justifie par des théories scientifiques de son époque qui semblent crédibles malgré tout ce que nous savons maintenant prouvant qu'elles sont entièrement fausses.  On en viendrait à grimper dans le volcan avec eux, juste pour voir s'il fait vraiment chaud au fond !  Il y a au passage quelques découvertes touristiques de l'Islande et quelques passages "savants" mais soit c'est le narrateur qui les fait passer plus facilement, soit elles étaient beaucoup moins nombreuses que dans "Vingt-mille lieues sous les mers" par exemple.

Bref, un audiolivre que je vous conseille ; il a sauvé mon week-end ! Merci Jules Verne et merci Damien Genevois !

23 mars 2011

La Carte du Temps, de Félix J. Palma

J'ai terminé il y a peu de temps ce gros pavé de 549 pages - mais de jolies pages, bien aérées, précédées par une belle couverture, et suivies d'un résumé alléchant.  Vous me suivez pour une petite présentation ?


Résumé :

Londres, 1896.  Alors que l'écrivain H. G. Wells vient de connaître le succès avec son roman "La Machine à remonter le temps", il semble que ce qu'il a imaginé soit devenu réalité : Gillian Murray, un entrepreneur audacieux, propose contre une forte somme d'argent des voyages dans le temps.  Ses clients ont le privilège d'embarquer dans un curieux tramway à vapeur qui les emmènera à travers la quatrième dimension jusqu'à l'an 2000 pour assister à la bataille finale de la guerre entre les hommes et les automates. Les clients de ses deux premières expéditions en reviennent enchantés, et cette possibilité de voyager dans le temps va changer la vie du jeune Andrew Harrington, de la jolie Claire et de l'écrivain H. G. Wells lui-même...


Mon avis :

Écrire une chronique de ce livre est un exercice très périlleux : je ne voudrais pas vous dévoiler les astuces de l'intrigue alors qu'elle représente à mon avis le gros point fort de ce roman.  Je me contenterai de dire que l'histoire qui est racontée ici est vraiment originale.  Les voyages dans le temps, en voilà bien un sujet hyper exploité !  Difficile de ne pas retomber dans les schémas classiques qui explorent les conséquences hyper complexes des changements que les voyageurs imposent au cours de l'histoire. Mais ici, l'auteur réussit le pari ambitieux d'envisager le problème sous un tout nouvel angle : il s'agit d'analyser les conséquences sur la vie des héros non pas du fait de voyager, mais de la possibilité de le faire. Qu'est-ce qui serait différent si la société savait que, moyennant finances, certaines personnes pouvaient se déplacer dans le temps ?  Comment cette connaissance peut-elle être exploitée sans avoir effectivement besoin de voyager, pour faire le bien ou pour faire le mal ?

Le récit en lui-même est déjà un voyage dans le temps puisqu'il a lieu au XIXème siècle. Il n'aurait pas pu être mieux placé : c'est une époque vraiment particulière, celle où les avancées de la science sont tellement fulgurantes qu'elles laissent croire que tout est possible, celle où on ne s'interroge pas encore des problèmes moraux que ces avancées vont engendrer. C'est aussi une période ou Londres voit se côtoyer les plus grandes richesses et la misère la plus noire, où de grandes choses ont eu lieu et de grandes oeuvres sont nées. On rencontre d'ailleurs au fil des pages quelques personnages connus.

Le style narratif a aussi quelque chose qui colle avec l'époque. L'auteur emploie un langage très soigné, volontairement un peu pompeux, qui colle assez bien avec l'idée qu'on se fait de la langue de la bourgeoisie de l'époque, ou avec les romans d'aventure de Jules Verne qui écrivait à cette période-là. Il prend aussi le lecteur à partie de temps en temps, comme une petite marque de fantaisie de sa part. J'ai repéré quelques petites erreurs de traduction (dont la plus comique : Jack l’Étrangleur au lieu de Jack l’Éventreur), mais rien de bien grave, et le style dans son ensemble est un plaisir à lire.

Alors au final, est-ce un coup de cœur ?  Je dirai que non et pour une raison bien simple : trop de longueurs !  Le récit se traîne souvent, les descriptions sont longues et les digressions répétées. Ça fait partie du style mais c'est trop fréquent, trop long pour un roman moderne.   L'auteur s'attarde sur l'enfance ou l'histoire des personnages, sur leurs pensées et émotions, étale leurs discours, et ça en devient vraiment lassant. Il faut plus de 80 pages pour qu'on nous présente pour la première fois les voyages dans le temps organisés par Murray et qui sont pourtant au cœur de tout.  Et ce n'est qu'à la fin de la première partie, page 220 exactement, que j'ai commencé à comprendre où l'auteur voulait en venir et où était l'originalité de toute cette histoire.  C'est à partir de là que j'ai vraiment accroché, mais même comme ça je me suis permise plusieurs fois de sauter quelques passages franchement longuets.  En toute franchise et malgré la beauté du style, je pense qu'on pourrait retrancher au moins un tiers des pages du roman sans amputer son charme.

Alors au final, une excellente idée, une intrigue magnifique où l'auteur joue avec le lecteur pour le plus grand plaisir de ce dernier, un style agréablement original, un décor parfait...  Mais un roman auquel il faut se confronter armé de patience.  Comme ça, vous serez prévenus !

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour ce livre reçu en partenariat avec Livraddict !


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- les avis franchement enthousiastes de trois autres lecteurs : FrenchDawn, Tousleslivres et BlackWolf.

05 juillet 2010

Ivanhoé, de Sir Walter Scott

Le mois de juillet, c'est le mois des vacances ! Et je ne fais pas exception à la règle : me voilà pour plus de deux semaines auprès des mes parents dans ma Belgique natale. Pendant cette période je vais sûrement lire (impossible de m'en passer !) mais je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire mes billets habituels.

Qu'à cela ne tienne, je ne vous laisse pas tomber, lecteur : j'ai une petite critique publiée sur mon blog personnel il y a quelques mois et qui, je ne sais pas pourquoi, n'a pas trouvé le chemin de celui-ci quand je l'ai créé. Il s'agit d'un roman classique de la littérature anglaise: "Ivanhoé", de Sir Walter Scott. Quelques mots pour vous le faire découvrir...


Résumé:

Sous le reigne de Richard Coeur de Lion, l'Angleterre est partagée et sa vie sociale chaotique. Le Roi est prisonnier en Autriche et c'est son frère Jean, très impopulaire, qui est au pouvoir. Depuis Guillaume le Conquérant, les Normands vainqueurs s'opposent aux Saxons vaincus. La noblesse est divisée en deux clans parlant des langues différentes qui n'ont pas encore fusionné pour former l'anglais moderne, le peuple est oppressé par ses nouveaux maîtres, des bandes de brigands affamés battent la campagne et les chevaliers s'affrontent à mort pour la moindre question d'honneur...

Dans ce contexte historique, nous découvrons l'histoire de Cédric, noble saxon qui rêve de remettre son peuple sur le trône d'Angleterre, et de sa belle pupille Rowena; de ses deux esclaves Wamba le bouffon et Gurth le gardien de bétail; de Brian de Bois-Guilbert, le fier templier; du financier juif Isaac et de sa fille Rebecca, aussi belle que sage. Lorsque deux chevaliers mystérieux apparaissent parmi ce petit monde, les aventures se succèdent au rythme effréné des tournois, enlèvements, sièges, procès de sorcellerie...


Mon avis:

Je dois dire que quand j'ai entamé les premières pages de ce roman, j'ai failli le refermer très rapidement. Je l'avais acheté en anglais, sa langue originale. Mais imaginez une oeuvre en anglais du dix-neuvième siècle, écrite en imitant le style de l'époque à laquelle l'histoire appartient, l'an 1193. C'est peu accessible pour quelqu'un dont l'anglais n'est même pas la langue maternelle... Les armes et équipements mentionnés, les lieux décrits, et surtout les dialogues, me semblaient par passages totalement incompréhensibles ! Le problème c'est que je déteste interrompre ma lecture pour chercher une traduction dans le dictionnaire. J'ai donc continué en tentant de deviner le sens des mots, et au fur et à mesure, je me suis habituée à la langue. Je vous conseille malgré tout de ne tenter l'aventure que si vous vous sentez bien accrochés à votre anglais; dans le cas contraire, préférez une traduction !

Au bout d'un chapitre ou deux, quand le déchiffrement n'a plus posé trop de problèmes, j'ai pu mieux apprécier l'histoire. Il s'agit véritablement d'un roman de chevalerie et d'aventure, avec de multiples rebondissements et des caractères très typés; le matériel parfait pour un scénario de film ! On y croise des monarques, de preux chevaliers en armure, une populace vindicative, une bande de voleurs pas si méchants, des prêtres pas très saints, de belles jeunes femmes qui font battre le coeur des chevaliers, des nobles ombrageux, des méchants sans scrupules et d'autres pas très malins... Et même Robin des Bois et toute sa clique ! L'histoire ne se déroule que sur quelques jours, mais prend de tels rebondissements qu'on se demande sans cesse comment nos héros vont s'en sortir. Il y a une petite histoire d'amour et un coeur brisé, un tournoi décrit en détails, et une superbe prise de forteresse. Les descriptions sont très précises, mais leur longueur ne m'a pas dérangée car elles participent à la création de tableaux d'époque. Par contre, les personnages ont tendance à se lancer dans de longs discours pompeux que j'ai parfois sauté allègrement...

J'ai beaucoup apprécié la précision historique de ce roman: d'après les notes qui accompagnent l'édition que j'ai achetée, l'auteur a pris des libertés avec l'Histoire, mais il se rattrappe en fournissant une foule de détails sur la vie de l'époque: la description des châteaux, des vêtements, de la façon de vivre, des habitudes et coutumes... Au final on se sent plongé en plein Moyen-Age et on se représente très bien cette période, j'adore ! Mais j'ai aussi beaucoup aimé l'ironie et l'humour qui sont particulièrement présents dans la plupart des personnages. Le Saxon Athelstane est vraiment comique, par exemple. On rit un peu plus jaune quand il s'agit du Juif Isaac, qui représente tous les préjugés qu'on associe à son peuple, mais l'auteur se rattrappe en mettant l'accent sur la persécution injuste dont il est la victime et en lui donnant une fille irréprochable qui est de loin le meilleur personnage du livre.

Bref, il est difficile de dire que ce roman n'a pas pris une ride, mais il vaut la peine d'être lu. Le petit effort de se plonger dans un style un peu moins actuel que du Dan Brown est compensé par le bain historique qu'il nous apporte... Une belle expérience !


Pour en savoir plus :
- la page Bibliomania du livre

24 avril 2010

Vingt mille lieues sous les mers, de Jules Verne

Pour ma première lecture commune, je me suis laissée entraîner par mes "collègues" de la Livraddict Team pour une relecture de l'un des romans les plus célèbres d'un des écrivains français les plus connus. Et je suis impatiente de savoir ce que mes co-lecteurs (lectrices) en ont pensé ! En attendant, voici mon avis...


Résumé:

En cette année 1866, la marine mondiale est en émoi: plusieurs bateau ont vu ou se sont même fait embrocher par un monstre noir, lumineux la nuit, qui se déplace sans bruit à très grande vitesse et suivant une volonté propre. Un navire est affrété pour partir à sa poursuite et en débarrasser les mers, puisqu'il constitue un danger pour la navigation. A son bord, le savant spécialiste de la faune sous-marine Pierre Aronnax et Conseil, son fidèle domestique. Mais lorsque le monstre est enfin découvert, Aronnax, Conseil et le chasseur de baleine canadien Ned Land sont précipités hors du navire, et se retrouvent sur le dos de la bête... qui est en fait un fabuleux sous-marin, le Nautilus, construit et manoeuvré par un homme mystérieux hostile à l'humanité, le capitaine Nemo. Les trois hommes sont recueillis à son bord, à la fois invités et prisonniers. Commence alors un voyage fantastique sous les mers, où les découvertes extraordinaires se suivent mois après mois...


Mon avis:

Tout d'abord, ceci n'est pas ma première lecture de ce livre. La première datait de mon enfance, au moment où j'ai dévoré en série une bonne partie des Jules Verne. A l'époque celui-ci ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable : j'avais préféré "Voyage au centre de la terre", qui parlait plus à mon imagination, ou "Les tribulations d'un Chinois en Chine", dont j'avais beaucoup aimé l'humour. Mais le voyage sous les mers m'avait moins marquée: des images sous-marines, je pouvais en voir à la télévision dans les reportages du commandant Cousteau... Une mini-anecdote qui me fait sourire aujourd'hui : à l'époque, je savais déjà que la lieue était une unité de mesure supérieure au kilomètre, mais j'imaginais que le sous-marin allait plonger 20 000 lieues sous les mers... en profondeur !

Il est vrai que ce roman a un peu vieilli. L'électricité, la fée mystérieuse qui fait fonctionner le Nautilus, a depuis longtemps été domestiquée. Les sous-marins sont légions, on a largement exploré le fond des mers et les images sont accessibles à tout le monde. Parfois certaines découvertes du capitaine Nemo prêtent d'ailleurs à sourire : on sait maintenant qu'il n'aurait pu atteindre le pôle sud sous les eaux, puisque l'Antarctique est un continent. D'autres passages sont plus choquants car très loin des préoccupations actuelles : les héros ont beau être des savants passionnés par le monde sous-marin, ils n'ont aucune notion de préservation des espèces. Dans ce passage par exemple, où le Nautilus croise une bête particulièrement rare:
"Non, dis-je à Conseil, ce n'est point une sirène, mais un être curieux dont il reste à peine quelques échantillons dans la mer Rouge. C'es un dugong. [...]
- Ah ! fit le Canadien, cette bête-là se donne aussi le luxe d'être bonne à manger ?
- Oui, maître Land. Sa chair, une viande véritable, est extrêmement estimée, et on la réserve dans toute la Malaisie pour la table des princes. Aussi fait-on à cet excellent animal une chasse tellement acharnée que, de même que le lamantin, son congénère, il devient de plus en plus rare.
- Alors, monsieur le captiaine, dit sérieusement Conseil, si par hasard celui-ci était le dernier de sa race, ne conviendrait-il pas de l'épargner - dans l'intérêt de la science ?
- Peut-être répliqua le Canadien ; mais, dans l'intérêt de la cuisine, il vaut mieux lui donner la chasse.
- Faites donc, maître Land", répondit le capitaine Nemo.
Ils se permettent aussi de déclarer que le cachalot est une bête nuisible et d'en exterminer tout un banc... Le capitaine Nemo n'aurait pas été très populaire auprès de Greenpeace !

Ceci dit, si l'on entame la lecture en se souvenant de l'époque à laquelle Verne a écrit ce roman, on peut apprécier pleinement sa capacité d'anticipation. A l'époque, on ne faisait qu'entrevoir le potentiel de l'électricité, et les seuls sous-marins existant plongeaient de quelques mètres dans la Seine ! Le fait que les images et la machine décrits par Verne nous soient si familiers nous prouvent qu'il a touché très juste dans ses extrapolations. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire le livre sous cet angle, à comparer les anticipations de l'auteur avec la réalité telle que nous la connaissons aujourd'hui, les connaissances du professeur Aronnax et du capitaine Nemo avec celles apprises à l'école au XXIème siècle. Et c'est aussi amusant qu'époustoufflant !

Si la narration est généralement très active et pleine de scènes aventuresques, il y a aussi de longs passages descriptifs. Le narrateur, bien dans son rôle de savant, prend le temps de lister les plantes, poissons, coraux et autres qu'il croise pendant son périple. Je conçois très bien que ces passages peuvent sembler longs et pénibles pour de nombreux lecteurs, mais je n'en ai sauté aucun. J'aime la façon dont les descriptions sont faites, car chaque nom est au moins accompagné d'un petit détail sur l'animal qui ressemble à une anecdote : telle bestiole est mangée de telle façon, telle bestiole a une habitude bizarre, telle bestiole ressemble à ceci... Ce n'est donc pas juste une liste sèche, et si on n'en retient rien vu le nombre de noms et de qualificatifs, au moins sur le moment ces énumérations sont plutôt amusantes qu'ennuyeuses à mes yeux. Et j'admire toute la documentation que l'auteur a rassemblée !

Bref, c'est une lecture que j'ai beaucoup appréciée, et mieux que la première fois. Je l'ai trouvée à la fois amusante et instructive. Le gros plus dans ma lecture, ce fut la magnifique édition du Livre de Poche que je m'étais procurée. La couverture, rouge et argent, reprend celle de la version originale dans une version tricolore magnifique (mal rendue par l'image ci-dessus), et à l'intérieur on retrouve les gravures de la première édition. Au début il y a aussi une préface intéressante, et à la fin, une biographie de Jules Verne. J'ai rarement vu une mise en page en poche aussi belle, et j'avais beaucoup de plaisir à sortir ce livre en public !


Voilà, il ne vous reste plus qu'à aller lire les avis de mes co-lecteurs:
- Fée Bourbonnaise
- Heclea
- Thalia
- Baba
- El Jc
- Mallou
- Emeralda
...ou à retrouver toutes les informations du livre sur sa page Bibliomania.

11 avril 2010

"L'affaire Jane Eyre" de Jasper Fforde

Encore un livre découvert à l'occasion d'un Book Club, celui du mois d'avril qui a eu lieu il y a quelques jours ! Un auteur que je ne connaissais pas du tout, un titre alléchant pour une fan de Jane Eyre comme moi et un style très particulier... Bref, une belle découverte !


Résumé:

Dans le monde de Thursday Next, la vie en 1985 est bien différente de celle que nous connaissons. L'Angleterre est en guerre contre l'Empire Russe depuis plus de cent ans pour la possession de la Crimée, le gouvernement est sous la coupe d'une société privée et fonctionne grâce à une série d'organisations plus ou moins secrètes, les gens se battent pour des théories littéraires et possèdent des dodos clônés comme animaux de compagnie... Thursday elle-même a participé à la guerre de Crimée et travaille à la Section Spéciale Littéraire, celle qui recherche les criminels piratant les grands auteurs. Elle est lancée sur les traces d'un criminel hors du commun, Acheron Hadès, qui a décidé de s'attaquer aux personnages des livres les plus populaires...


Mon avis:

Comme je l'ai dit plus haut, voilà une très chouette découverte à laquelle je ne m'attendais pas. J'ai particulièrement aimé le monde créé par Jasper Fforde: quelle imagination a cet auteur, c'est impressionnant ! Ses inventions sont pour la plupart originales, ou en tous cas présentées de façon originale. Il y mélange des éléments d'uchronie (changement d'un élément historique pour imaginer le monde qui en découle), avec une touche de science fiction ou fantastique (voyages dans le temps, trous noirs, clonage, inventions surréalistes). Si certains participants du book club ont trouvé difficile d'intégrer toutes les nouveautés du monde de Thursday, personnellement j'ai trouvé qu'elles se mettaient en place assez naturellement. Peut-être est-ce parce que j'ai lu ce livre en anglais et que dans cette langue je ne me tracasse pas trop si un détail m'échappe...

Ce livre est vraiment un mélange de styles que j'ai trouvé assez réussi. Outre le fantastique et l'uchronie, on y retrouve quelques éléments de récits de guerre dans les souvenirs de Thursday qui a participé à un drame de la guerre de Crimée. Il y a aussi une histoire d'amour autour de Thursday, mais qui ne prend pas trop de place heureusement, on ne glisse pas dans la guimauve. Et puis bien sûr, l'intrigue principale prend la forme d'une enquête policière avec une grande partie d'aventures, car Thursday se retrouve toujours là où se déroule l'action.

Mais au final ce qui reste en mémoire, c'est l'idée géniale de faire intervenir les héros dans les personnages de roman, particulièrement ici Jane Eyre. Contrairement à ce qu'on pourrait penser à partir du titre, Jane Eyre n'apparaît que dans le dernier tiers de l'histoire, mais le coeur du roman de Jasper Fforde tourne autour d'elle, et son invention la plus marquante est l'intervention de Thursday Next dans la trame du roman Jane Eyre. En quelques pages, elle en change la trame, et ceux qui connaissent bien l'héroïne de Charlotte Brontë vont se délecter de la façon dont Jasper Fforde exploite les plus petits mystères de l'intrigue pour lui donner une lumière tout à fait nouvelle.

Un autre élément qui m'a séduite, c'est l'humour qui est présent partout: dans les répliques de Thursday, dans la personnalité des autres personnages, dans les inventions de son oncle Mycroft, et jusque dans les nombreux jeux de mots qui parsèment le livre (aussi bien dans sa version originale que dans sa traduction en français, apparemment). La petite touche en plus qui m'a fait sourire c'est que dans l'édition que j'ai entre les mains (la première édition je pense), il y a des interventions de l'histoire dans les pages qui n'ont rien à voir avec le roman. Par exemple, en bas de la page de dédicace, il y a un petit rectangle imitation "tampon" où est écrit que ce livre est conforme aux règles de la Goliath Corporation. Dans les dernières pages, il y a des publicités pour un marchand de dodos et une autre pour encourager les gens à manger des toasts qui est sponsorisée par le département de détection littéraire de Swindon. Un petit détail qui m'a beaucoup séduite !

Enfin, Thursday elle-même m'a particulièrement plue, avec son franc-parler, son humour, son courage et sa fierté dans les histoires de coeur. Le méchant est une caricature du vraiment très méchant, celui qu'on s'attend à ricaner comme dans les dessins animés. Certains personnages secondaires sont également savoureux, comme Mycroft ou le père de Thursday.

Voilà, je crois que vous avez compris: j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre et je compte bien découvrir les autres aventures de Thursday Next, qui apparaît dans:
- Délivrez-moi ! (Lost in a Good Book), 2002
- Le Puits des histoires perdues (The Well of Lost Plots), 2003
- Sauvez Hamlet ! (Something Rotten), 2004
- Le Début de la fin (First Among Sequels), 2007.


Pour en savoir plus:
- la page Bibliomania du livre;
- la discussion du Book Club;
- quelques critiques enthousiastes: FrenchDawn, Craklou, latitesib, cocola, Frankie, Bambi_Slaughter, Nane, poet24, Lelf
- des critiques plus mitigées: Lucie, BelledeNuit, Lexounet, Zorane