Murder by Other Means, de John Scalzi


J'aime la science-fiction, j'aime le polar, alors un petit récit policier sur fond de science-fiction, je n'allais pas le laisser passer ! 


Résumé :
 
Dans un futur proche où, pour une raison inexpliquée, une personne assassinée revient à la vie 999 fois sur 1000, commettre un meurtre devient presque impossible. Presque, mais pas tout à fait. C'est ce que découvre Tony Valdez, dont le métier est d'assassiner légalement les personnes sur le point de mourir d'autres causes pour leur permettre de revenir à la vie. La crise l'oblige à accepter des petits boulots un peu moins légaux, et l'un d'eux l'amène à se retrouver soupçonné de complicité dans un braquage de banque très bizarre. Alors que les preuves s'accumulent contre lui, il est obligé de mener seul l'enquête, quitte à plonger encore un peu plus dans l'illégalité... 
 

Mon avis :

John Scalzi, c'est un des auteurs que je suis les yeux fermés. J'aime son style, j'aime son humour, j'aime sa maîtrise du rythme de l'intrigue, j'aime son imagination et sa capacité à inventer des mondes différents, j'aime même ses idées qu'il exprime sans tabous sur twitter et sur son blog. Comme il l'admet lui-même, il n'est pas l'écrivain qui va révolutionner la science-fiction, mais c'est un auteur sur qui on peut compter pour produire chaque année un ou deux nouveaux titres de qualité. 

Cette année, après avoir sorti le dernier tome de sa trilogie sur l'interdépendance, il a publié cette novella en exclusivité audiolivre sur Audible : "Murder by other means". Il s'agit de la suite de "The Dispatcher", premier tome d'une série policière qui a lieu dans un futur proche. On y suit les aventures de Tony Valdez, dont on découvre le métier inhabituel dans The Dispatcher. Je conseille donc fortement de lire le premier tome avant de s'attaquer à celui-ci, même s'ils constituent deux aventures indépendantes.

Dans The Dispatcher, on apprenait que le monde avait été bouleversé par le fait que, depuis quelques années et pour une raison inexpliquée, les gens assassinés reviennent presque automatiquement à la vie.  Le "presque" signifie qu'il y a quand même une chance sur mille à peu près que ce ne soit pas le cas, et justifie qu'on continue à considérer l'assassinat comme un crime. Il n'empêche que, comme il vaut mieux être assassiné (et presque certainement ressuscité) que mourir d'autres causes (et vraiment mourir), il y a une catégorie de gens, les "dispatchers" (expéditeurs ?), qui sont formés pour assassiner légalement les gens qui sont sur le point de mourir. C'est le cas par exemple quand une opération chirurgicale tourne mal, ou à l'occasion d'une activité particulièrement dangereuse. Ils n'ont le droit d'exercer ce métier que quand il est certain que la personne va mourir rapidement. 
 
On apprenait cependant dans le tome précédent que les dispatchers pouvaient aussi être engagés pour faire des boulots beaucoup moins légaux, et ce tome-ci appuie là-dessus. La chance de vraiment mourir lorsqu'on est assassiné est juste suffisante que pour donner envie aux amateurs de sensations fortes de tenter l'expérience. D'autres utilisent cette nouvelle situation étrange pour se déplacer rapidement, puisque les assassinés ressuscitent non pas là où ils meurent mais dans leur propre lit. Autre conséquence de cette nouvelle loi de la nature : lorsque les gens n'ont plus peur de mourir, toutes sortes d'activités illégales impliquant intimidation et menace deviennent beaucoup moins efficaces. D'un autre côté, même si l'assassinat est techniquement difficile, il reste possible de tuer quelqu'un qui dérange, avec un peu d'imagination...

C'est sur ces aspects-là que se concentre cette deuxième novella. La première avait présenté la nouvelle situation, la seconde explore ses conséquences avec plus de profondeur. A nouveau, l'intrigue prend la forme d'une enquête policière, ou plutôt d'un thriller : on n'a pas toutes les clés pour deviner ce qu'il se passe, mais les événements s'accélèrent au fil des chapitres pour faire pression sur le narrateur. Ce qui est particulièrement intéressant ici c'est que, en plus de l'identité du meurtrier, on veut comprendre comment il ou elle a fait pour tuer alors que c'est à peu près impossible. Les aventures se succèdent donc, et plus ça avance, plus on veut savoir, jusqu'à une résolution finale tout à fait satisfaisante. C'est exactement le type d'histoire qui fait passer un excellent moment.

Comme le premier tome, celui-ci est narré par l'auteur Zachary Quinto (Sylar dans la série Heroes, Spock dans les films Star Trek les plus récents). C'est un excellent narrateur, mais comme je l'avais dit dans ma chronique précédente, son ton est particulièrement sombre, légèrement monotone. Ça correspond assez bien au personnage et à cette série plus sérieuse que les autres romans de John Scalzi, mais il étouffe un peu l'humour des réparties les plus mordantes, ce que je trouve dommage. Mais c'est avant tout une question de goût.
 
Bref, si vous avez un abonnement Audible (y-compris en français) et que vous comprenez l'anglais, je vous conseille cette série et ce tome en particulier. Il sera aussi publié au format écrit dans le courant de l'année prochaine.

Pour en savoir plus :
- une vidéo où John Scalzi et Zachary Quinto parlent de ce roman :
 





2 commentaires:

  1. Je me réserve pour quand le livre papier sortira, je n'aime déjà pas trop les livres audio en vf, alors en vo j'ai peur de perdre des mots au milieu vu que j'ai beaucoup moins l'habitude d'entendre les mots.
    Mais sinon je garde ton avis dans un coin, je le lirais en détail une fois que je l'aurai terminé :P

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    1. Je te conseille alors vraiment de commencer par le premier tome de cette série, The Dispatcher ! Bonne lecture :)

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