Troubled Blood (Cormoran Strike, tome 5) de Robert Galbraith


J'ai hâte de vous en parler de cette sortie toute récente dans une des séries que j'adore et que je chronique sur ce blog depuis le tout premier tome. Etant donné que ce roman vient tout juste d'être publié en VO, je sais que peu de vous auront eu l'occasion de le découvrir, alors je vous promets une chronique sans spoilers qui se contentera de vous donner une idée de ce qui vous attend !


Résumé :
 
Après plusieurs enquêtes dont le succès a été très médiatisé, l'agence de détectives de Cormoran Strike et son associée Robin Ellacott ne manque pas de clients. Strike accepte pourtant de prendre en charge une nouvelle cliente imprévue : une dame dont la mère, jeune doctoresse, a disparu mystérieusement quarante ans auparavant. A l'époque l'enquête avait été bâclée par un policier en pleine crise psychotique persuadé, sans aucune preuve, que Margot Bamborough avait été assassinée par un tueur en série arrêté quelques temps plus tard. Les deux associés rouvrent donc cette affaire classée malgré la charge de travail de leur agence en pleine expansion et les difficultés de leurs vies privées respectives...
 
 
Mon avis :

Les aventures de Cormoran Strike font partie de ces rares séries que je suis avec avidité. Lorsqu'un nouveau tome est sorti ce mois-ci, je n'ai pas hésité à le précommander au format audiolivre, comme les précédents. Je l'ai donc entamé dès sa sortie le 15 septembre et je l'ai terminé en une semaine, malgré sa durée de presque 32h ! Autant dire que je n'ai pas pu le lâcher... même s'il a quand même quelques défauts.
 
Pour commencer par les qualités, je dois, comme à chaque tome, souligner le plaisir de retrouver Cormoran et Robin. Ces deux personnages sont, à mes yeux, absolument parfaits. Comme je l'avais souligné dans ma chronique d'"Une place à prendre", par exemple, JK Rowling (dont Robert Galbraith est le pseudonyme) a une façon particulière de présenter des personnages qui ressemblent à première vue à des caricatures mais qui prennent de la consistance et du réalisme quand on les côtoie. Au bout de quatre tomes, on connaît bien nos deux détectives privés. Strike, le fils de rockstar tourmenté par une jeunesse difficile, une mutilation de guerre et une histoire d'amour violente, se révèle en fait être un homme pragmatique, maladroit, enclin à se sentir responsable de ceux qui l'entourent et à la recherche d'un peu de stabilité. Robin, la pimpante petite secrétaire, fille de bonne famille, gentiment casée avec son petit ami de longue date, est en réalité une survivante de traumatisme, particulièrement intelligente et débrouillarde, qui a toujours rêvé d'une carrière de détective. Un autre auteur choisirait la facilité et leur inventerait une histoire d'amour passionnée ; ici l'autrice a préféré le réalisme de deux détectives qui partagent une passion pour leur métier, deviennent amis, et refusent de compromettre leur situation professionnelle et leur amitié. Leur vie est pleine de soucis petits et gros que nous connaissons tous, de la perte d'un être cher à la difficulté de trouver des cadeaux appropriés pour les collègues. Si j'ai autant de plaisir à lire les romans de cette série, c'est avant tout parce que leurs héros sont réalistes, contemporains et adorables. De tome en tome j'ai l'impression de retrouver des amis.

Concernant l'intrigue, on est à nouveau dans du bon polar : un cold case, une disparition brutale sans aucun indices, un tueur en série qui rôdait à l'époque dans les parages... Alors que dans les précédents tomes on se retrouvait à chaque fois dans un milieu social très particulier, ici nous avons un environnement plus conventionnel, celui d'un quartier et de son centre médical - mais avec comme ligne rouge la divination, en particulier l'astrologie. Les personnages sont variés, les pistes nombreuses, et surtout, jamais je n'aurais deviné le ou la coupable !  J'ai été extrêmement surprise, tout en acceptant que l'autrice n'a pas triché en nous cachant des éléments essentiels. 
 
C'est cependant dans l'intrigue policière que j'ai trouvé le plus de défauts. Elle est particulièrement longue, étalée sur un an, et assez complexe. L'astuce pour empêcher le lecteur de deviner le coupable semble être de le noyer dans un flot de personnages et d'informations qui partent dans tous les sens. Il est courant dans un roman policier de nous présenter de fausses pistes en pagaille au point qu'on se demande comment il a pu y avoir autant de secrets parmi un si petit groupe de personnes, mais dans ce cas-ci je trouve que l'intrigue aurait pu être simplifiée. J'ai suivi cette histoire sans vraiment m'ennuyer mais je me suis plusieurs fois étonnée de sa longueur.
 
A côté de ça, la vie privée de Cormoran et Robin évolue finalement assez peu. Je n'en dirai pas plus parce que j'ai promis une chronique sans spoilers, mais je peux dire que, même s'il se passe des choses finalement importantes pour les deux et entre eux, les tomes précédents nous ont habitué à plus de nouveautés. Ce qui est intéressant par contre c'est à quel point, quand on y réfléchit, le cas sur lequel ils enquêtent reflète les difficultés de leur vie privée : la perte d'un être cher pour Cormoran, le combat pour se faire respecter en tant que femme pour Robin.
 
Ce roman a été l'objet de quelques critiques liées à son autrice. JK Rowling a été critiquée pour avoir affiché ces derniers mois ses opinions niant l'identité transgenre. Or le tueur en série qui est le principal suspect s'est un jour déguisé en femme afin d'approcher ses proies. Certains on voulu y voir un pied-de-nez volontaire de la part de l'autrice. Personnellement je pense que c'est une théorie un peu tirée par les cheveux : ce déguisement est à peine mentionné, n'est pas une piste sérieuse dans l'affaire qui nous concerne, et je n'aurais vraiment pas fait le rapprochement si je ne l'avais pas lu. Ceci dit, au moment où j'écris, JK Rowling vient de faire sur Twitter de la publicité pour un site qui vend des t-shirts avec une section dédiée aux messages anti-trans; je sous-estime peut-être sa capacité à troller en douce. J'avoue que je suis affreusement tiraillée entre le plaisir de suivre cette série que j'adore et la colère de donner mes sous à une écrivaine dont les idées m'incommodent. Je suis aussi très étonnée qu'une femme capable d'imaginer des personnages adorables et empathiques soit en même temps capable de nier l'identité d'une minorité particulièrement fragile.  D'un autre côté, les avis sur Goodreads ne parlent que de cette histoire, soit pour critiquer soit pour soutenir l'autrice, et je trouve dommage de ne rien dire sur l'oeuvre en elle-même.

Quoi qu'il en soit, je suis ici pour écrire une chronique et mon avis est clair : la série est géniale, ce volume fut un plaisir à écouter, mais ce n'est pas mon préféré - ni celui que j'ai le moins aimé, cette distinction restant au tout premier volume, L'Appel du Coucou. Le narrateur est absolument magnifique, comme toujours. Je suis un peu triste de devoir attendre encore au moins un an ou deux avant de pouvoir lire le tome suivant, mais je vais tromper mon impatience en continuant la série télévisée basée sur ces romans, qui est très bien elle aussi !

3 commentaires:

  1. Ah tiens je crois que j'ai toujours pas lu le tome 4, oups xD

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le tome 4 commence exactement où se terminait le tome 3, sur un gros cliffhanger !

      Supprimer
  2. Je ne crois pas non plus avoir lu le tome 4, je suis un peu en retard ^^

    RépondreSupprimer