28 février 2018

Binti, de Nnedi Okorafor


La lecture que je vous présente aujourd'hui est ma première plongée dans l'afrofuturisme...


Résumé :

La jeune Binti vient d'être admise à l'Université Oomza, le plus prestigieuse de la galaxie. Elle est la première représentante de son peuple tribal, les Himbas, à avoir cet honneur. C'est un chemin difficile sur lequel elle s'engage : elle n'a jamais quitté le désert qui l'a vue naître, elle doit partir en cachette car sa famille refuse catégoriquement qu'elle y aille, et elle doit aussi faire face aux autres peuples et aux autres races qui considèrent sa façon de vivre comme inférieure. Mais Binti ne manque pas de courage, et son talent très particulier pour créer des liens malgré les différences pourrait bien sauver sa vie et celle de beaucoup d'autres.


Mon avis :

Ces derniers temps, parmi les amateurs de science-fiction, on parle beaucoup d'afrofuturisme, ce sous-genre littéraire qui met en avant l'Afrique, les auteurs africains et l'expérience africaine. Ca faisait longtemps que je voulais le découvrir, et j'ai profité d'une promotion sur Audible pour acquérir l'audiolivre de ce récit assez court dont j'avais croisé le titre à plusieurs reprises.  Comme d'habitude je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, car je préfère ne pas lire de résumé ou de critique avant de commencer ma lecture; la surprise a été totale, et le dépaysement aussi.

25 février 2018

Premières lignes #6


Aujourd'hui, c'est le jour de notre rendez-vous "Premières lignes", créé par Ma Lecturothèque et découvert chez Bettie Rose. Le principe est simple : chaque dimanche, je prends un livre et je vous cite les premières lignes du récit. C'est généralement ce que je fais pour choisir un livre dans une librairie, et c'est un bon moyen pour vous donner un mini aperçu des romans qui m'ont marquée.

Cette semaine, je vous présente...



C'était l'hiver sur Belleville et il y avait cinq personnages. Six, en comptant la plaque de verglas. Sept, même, avec le chien qui avait accompagné le Petit à la boulangerie. Un chien épileptique, sa langue pendait sur le côté.
La plaque de verglas ressemblait à une carte d'Afrique et recouvrait toute la surface du carrefour que la vieille dame avait entrepris de traverser. Oui, sur la plaque de verglas, il y avait une femme, très vieille, debout, chancelante. Elle glissait une charentaise devant l'autre avec une millimétrique prudence. Elle portait un cabas d'où dépassait un poireau de récupération, un vieux châle sur ses épaules et un appareil acoustique dans la saignée de son oreille. A force de progression reptante, ses charentaises l'avaient menée, disons, jusqu'au milieu du Sahara, sur la plaque à forme d'Afrique. Il lui fallait encore se farcir tout le sud, les pays de l'apartheid et tout ça. A moins qu'elle ne coupât par l’Érythrée ou la Somalie, mais la mer Rouge était affreusement gelée dans le caniveau. 
J'ai commencé à lire la saga des Malaussène, de Daniel Pennac, avec ce deuxième tome, à cause de ce début magique. Et encore, les paragraphes suivants sont extraordinaires, mais je n'allais pas vous mettre trois pages de texte... Mon avis sur La fée carabine se trouve ici.

18 février 2018

Premières lignes #5


Aujourd'hui, c'est le jour de notre rendez-vous "Premières lignes", créé par Ma Lecturothèque et découvert chez Bettie Rose. Le principe est simple : chaque dimanche, je prends un livre et je vous cite les premières lignes du récit. C'est généralement ce que je fais pour choisir un livre dans une librairie, et c'est un bon moyen pour vous donner un mini aperçu des romans qui m'ont marquée.

Cette semaine, je vous présente...


Les plus redoutables ennemis des Finlandais sont la mélancolie, la tristesse, l'apathie. Une insondable lassitude plane sur ce malheureux peuple et le courbe depuis des milliers d'années sous son joug, forcant son âme à la noirceur et à la gravité. Le poids du pessimisme est tel que beaucoup voient dans la mort le seul remède à leur angoisse. Le spleen est un adversaire plus impitoyable que l'Union soviétique.
Mais les Finlandais sont une nation de guerriers. Ils ne capitulent pas. Ils se rebellent, encore et toujours, contre la tyrannie.
Voilà un début bien sombre pour un roman, heureusement que le deuxième paragraphe nous indique que le ton sera plutôt à l'humour noir, et au final voici un roman franchement hilarant, que je vous présente dans cet article !

16 février 2018

Les Archives de Roshar, tome 3 : Oathbringer, de Brandon Sanderson


C'est la saison de la fantasy par chez moi !  Voici une sortie récente qui poursuit une de mes séries préférées... Encore une fois, je préfère le préciser : cette chronique ne peut pas éviter les spoilers concernant les deux premiers tomes des Archives de Roshar, alors si vous ne les avez pas encore lus, la lecture de cet article est à vos risques et périls ! Par contre, je ne dis bien entendu rien du contenu de ce tome-ci....


Résumé :

Le destin de Roshar a complètement changé. Les "voidbringers", ceux qui vont détruire l'humanité d'après les légendes, se sont avérés être les parshendis, les cousins des esclaves parshmens. Leur attaque a commencé au moment même où de nouvelles tempêtes ultra destructrices se sont mises à traverser le monde en sens inverse de celles auxquelles le continent s'était adapté. Dalinar a reconstitué les Radiants, mais pour protéger le monde, il doit unifier les différents royaumes, une tâche qui semble impossible tant ils sont nombreux ceux qui craignent les ambitions du Black Thorn. Kaladen retourne chez lui pour protéger sa famille et découvre au passage le véritable visage de l'ennemi. Adolin porte un très lourd secret. Quant à Shallan, à force de fuir ses peurs, elle en perd sa propre identité...


Mon avis :

Je viens de terminer ce troisième tome des Archives de Roshar et waw, j'en ai la tête qui tourne !  Il se trouve que, par hasard, j'ai été prise dans la lecture de deux pavés fantasy en même temps : le dernier tome des Aventuriers de la Mer, lu et enregistré pour quelqu'un d'autre, et ce troisième tome de la grande saga de Brandon Sanderson, que j'ai découvert au format audiolivre.  Il faut savoir aussi qu'avant d'entamer ce roman-ci qui est sorti à l'automne dernier, j'ai ressenti le besoin de me rafraîchir la mémoire et de relire (enfin, réécouter) le deuxième tome. Et comme il y a eu entretemps la prériode des fêtes et plusieurs semaines où j'étais trop occupée pour profiter de mes audiolivres, au total ça fait bien trois mois que je suis perdue dans Roshar et, de façon plus générale, dans la fantasy. J'avoue que ça commençait à faire long et bien que ces deux sagas sont vraiment des monuments dans leur genre, je serai contente de passer à un autre genre, au moins temporairement !

11 février 2018

Premières lignes #4


Aujourd'hui, c'est le jour de notre rendez-vous "Premières lignes", créé par Ma Lecturothèque et découvert chez Bettie Rose. Le principe est simple : chaque dimanche, je prends un livre et je vous cite les premières lignes du récit. C'est généralement ce que je fais pour choisir un livre dans une librairie, et c'est un bon moyen pour vous donner un mini aperçu des romans qui m'ont marquée.

Cette semaine, je vous présente...

"Madame Desantis, il est tard. Nous reprendrons dans la matinée. Avant de partir, je vais résumer rapidement les faits une dernière fois. Interrompez-moi si je me trompe. Et si la moindre idée vous vient à l'esprit, dites-le-moi. D'accord ?
- Oui, monsieur le juge."
La femme a les yeux gonflés. Elle est assise, très droite, face au juge d'instruction. Ses bras croisés reposent sur la table de la cuisine. Un mouchoir à carreaux entortillé dépasse de son poing droit.
"Vous êtes partie d'ici vers le milieu de l'après-midi, disons entre quinze heures et quinze heures trente, et vous vous êtes rendue à pied au magasin L'Étoile où vous êtes arrivée un peu avant seize heures. Vous emmeniez votre petit garçon, Antoine, et, dans une poussette, votre fils David. Vous êtes entrée dans la boutique en laissant la poussette dehors.
- Oui, monsieur le juge.
- Vous n'avez pas voulu prendre la poussette parce qu'il y avait des marches.
- Je n'en avais que pour quelques minutes. David s'était endormi. Il était attaché. J'avais relevé la capote et fermé le protège-pieds. Il était bien à l'abri. Il ne faisait pas beau, mais pas vraiment froid, seulement un peu de vent, comme je vous l'ai dit. Je l'ai laissé pour qu'il prenne le bon air.
- D'accord. Vous êtes restée environ un quart d'heure dans le magasin avec Antoine.
- Oui.
- Et quand vous êtes ressortie, la poussette était vide. David avait disparu.
- Oui, monsieur le juge."

Le passage est un peu plus long que d'habitude, mais il me semblait nécessaire d'aller jusque là pour comprendre le but de cette conversation qui lance une enquête très prenante et terriblement dramatique. Je suis très étonnée de ne jamais avoir chroniqué ce roman que j'ai lu avec plaisir.

10 février 2018

Les Aventuriers de la Mer (intégrale), tome 3 : Ship of Destiny, de Robin Hobb


Parfois, ça fait du bien de terminer un pavé !  Et encore plus quand il s'agit d'une trilogie de pavés. Voici une trilogie célèbre qui se conclut comme un feu d'artifice !


Résumé :

Le monde des marchands de Terrilville est sens-dessus-dessous. Ronica, qui a tout perdu, est considérée comme une traîtresse par ses concitoyens dans une ville en pleine révolution. Sa fille Keffria a trouvé refuge avec ses enfants dans la cité suspendue de Trehaug, mais un tremblement de terre a coincé Selden et Reyn sous terre, tandis que Malta essaie de sauver sa vie et celle du Satrap de Jamaillia.  Wintrow (qui s'appelle Hiémain en français, mon dieu que c'est moche...) est aux portes de la mort sur le bateau de Kennit le pirate.  Althea et Brashen sont partis récupérer Vivacia, sur Parangon, une vivenef à moitié folle et avec un équipage peu fiable. Et comme si ça ne suffisait pas, le dernier dragon en vie vient d'être libéré de son cocon...


Mon avis :

Voici le troisième et dernier tome de la série des Aventuriers de la Mer (suivant la division de la version originale, celle que j'ai lue). Comme les deux tomes précédents, j'ai lu à voix haute et enregistré ce roman à la demande d'une amie malvoyante. Et je peux vous dire que ce ne fut pas facile : ça m'a pris 42 heures, réparties sur mon temps libre pendant un mois ! 

4 février 2018

Premières lignes #3


Aujourd'hui, c'est le jour de notre rendez-vous "Premières lignes", créé par Ma Lecturothèque et découvert chez Bettie Rose. Le principe est simple : chaque dimanche, je prends un livre et je vous cite les premières lignes du récit. C'est généralement ce que je fais pour choisir un livre dans une librairie, et c'est un bon moyen pour vous donner un mini aperçu des romans qui m'ont marquée.

Cette semaine, je vous présente...

La première chose que je peux vous dire c'est qu'on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu'elle portait sur elle et seulement deux jambes, c'était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines. Elle nous le rappelait chaque fois qu'elle ne se plaignait pas d'autre part, car elle était également juive. Sa santé n'était pas bonne non plus et je peux vous dire aussi dès le début que c'était une femme qui aurait mérité un ascenseur.
 Voici le premier paragraphe d'un des plus beaux romans que j'aie jamais lus. L'auteur se met dans la peau d'un petit garçon qui comprend la vie à sa façon, et dès le début nous sommes plongés dans sa langue et sa philosophie particulières. Mon avis sur "La vie devant soi" se trouve ici (et c'est l'une des chroniques dont je suis le plus fière !).