29 juin 2010

Le plaisir de recevoir des livres

Pour une fois, je vous soumets un petit billet très personnel, très actuel aussi ; une soudaine envie d'exprimer un plaisir intense...

J'adore recevoir des cadeaux. Vous allez me dire que c'est le cas de tout le monde : je vous répondrai que je connais au moins une personne qui n'aime pas recevoir de cadeaux parce qu'il est tellement perfectionniste qu'il est toujours déçu. C'est tellement difficile de trouver exactement ce qui lui plaît qu'il préfère acheter lui-même ce dont il a envie.

Chez moi, c'est l'effet inverse. J'adooore recevoir des cadeaux, et rien que parce que c'est un cadeau, quasiment n'importe quoi me fera super plaisir. J'en profiterai avec d'autant plus de plaisir qu'à chaque fois, je repenserai à la personne qui l'a choisi pour moi. Je suis toujours un peu gênée quand j'ouvre mes cadeaux en public, pas que j'aie peur de laisser voir ma déception si ça ne me plaît pas, mais au contraire parce que j'ai peur que mon enthousiasme ait l'air exagéré. Mais rien de plus sincère : j'adore me dire qu'on a pensé à moi, qu'on a choisi quelque chose spécialement pour moi, ça me touche toujours énormément et me fait plus plaisir que je ne saurais l'exprimer !

Ceci dit, si tous les cadeaux me font plaisir, ceux qui me plaisent sans exception, ce sont les livres. Un livre me fait TOUJOURS plaisir. D'abord j'aime le fait qu'un livre emballé ne permet pas de deviner son contenu, comme un autre cadeau : la surprise reste intacte jusqu'à la dernière seconde, et ce moment où l'on déchire lentement le papier pour découvrir la couverture est magique. Ensuite, une fois déballé, un livre est toujours une bonne surprise, quel qu'il soit. Il y a ceux que je ne connaissais pas et que j'ai le plaisir de découvrir, j'en serai d'autant plus ravie que j'aime tenter de nouvelles expériences. Il y a ceux que je connais et que je n'ai pas achetés moi-même pour l'une ou l'autre raison, et ça me fera plaisir de les avoir enfin. Et qu'après lecture j'aime ou non ne change rien à ma joie : si j'ai aimé, je relirai et relirai encore avec plaisir, si je n'ai pas aimé, je serai contente de m'en être rendue compte sans avoir le pénible moment où l'on se dit "pffft, si j'avais su, je ne l'aurais pas acheté" :D

Alors voilà, ceci n'est pas du tout un appel du pied à mes lecteurs - mon anniversaire c'était il y a trois semaines, il faudra presque une année complète avant que je puisse soudoyer qui que ce soit. C'est avant tout un énorme merci à ceux qui m'ont déjà fait ce genre de cadeaux - certains lisent ce blog - et à qui je n'ai pas encore l'impression d'avoir pu exprimer toute ma reconnaissance. C'est chose faite, maintenant, je l'espère. Un grand, grand merci à vous.

27 juin 2010

Mes critiques préférées de ces derniers jours (2)

Je renoue avec la rubrique que j'ai inventée récemment, vous savez, celle où je liste cinq critiques qui m'ont marquée par leur originalité. Un choix purement subjectif et probablement très injuste, mais que voulez-vous, je fais avec les moyens du bord : ma petite cervelle et mes pauvres yeux. Si j'ai loupé la vôtre et qu'elle était la plus originale du monde, je vous présente donc mes plus plates excuses car vous avez probablement raison dans votre grief !

Ceci dit, voici quelques lauréats, pas nécessairement récents mais que pour une raison ou pour une autre j'ai découverts dans les derniers jours (ça m'arrive fréquemment de voyager dans les anciens billets, aussi).

- Chez le Mammouth à Livres, la critique des "Chroniques du crime" de Michael Connelly, une "belle arnaque" joliment descendue en flammes, j'adore !

- La critique de "Un rêve américain" de Norman Mailler par Pickwick, parce qu'il trouve les mots magiques pour expliquer comment un récit peut être à la fois réaliste et onirique, et comment on peut le retrouver avec appréhension et plaisir à la fois. Pickwick, le roi du paradoxal !

- La critique de "La nef des fous" de Richard Paul Russo, par Guillaume le Traqueur Stellaire, pour avoir découvert une peinture de Jérôme Bosch dans un vaisseau spatial - comprenne qui lira !

- L'article de Miss Spooky Muffin où elle déballe son paquet du swap féérie, parce qu'il a été écrit "en live", qu'il respire l'euphorie et que j'adore les photos des ses chats curieux !

- L'article de Tigger Lily sur Le Trône de Fer, qui détaille un nombre impressionnant de raisons pour lesquelles ce livre est "génialissime". Tigger Lily, quand elle aime, elle se donne !

Et voilà, j'espère que cette petite sélection vous permettra de belles découvertes ! N'hésitez pas à faire un petit tour parmi les autres billets de ces bloggeurs, ils en valent la peine. Et rendez-vous au prochain numéro !

26 juin 2010

Les Dames du Lac, de Marion Zimmer Bradley

Après des tas de polars, passons à un peu de fantasy et de légende. Dans ce domaine, je vous présente aujourd'hui un livre reçu en cadeau, un très bon choix d'ailleurs puisque je pensais le lire depuis longtemps, le premier tome d'une série assez réputée pour offrir un point de vue féminin sur la légende arthurienne. Alors, les Dames du Lac m'ont-elles séduites ?


Résumé :

Ygerne, épouse du duc de Cornouailles, est née à Avalon. Au moment de son mariage, elle a dû abandonner les dons de voyance et la religion de son enfance pour le christianisme de son époux. Mais le royaume de Grande-Bretagne est menacé par les Saxons et a besoin d'un roi qui parvienne à rassembler sous sa bannière le peuple d'Avalon et le peuple chrétien. Ygerne a été désignée par la Dame du Lac et par Merlin pour être la mère du grand roi, celui qui s'appellera Arthur...


Mon avis :

J'attendais beaucoup de ce volume, le premier d'une série qui s'appelle "Le cycle d'Avalon". On m'en avait parlé (par écrit) en termes très élogieux, mettant surtout en valeur la position originale de cette oeuvre qui reprend la légende d'Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde sous un point de vue inédit, celui des femmes impliquées. Les femmes sont en effet les héroïnes de cette histoire pourtant très masculine : elles influencent dans l'ombre, elles donnent naissance aux héros et sont les grandes prêtresses du peuple d'Avalon. En d'autres mots, elles tirent les ficelles dans l'ombre et suivent l'histoire de leur peuple au plus près et dans ses plus petits détails.

Ceci dit, c'est là que s'arrêtent les qualités que j'ai trouvées à ce roman. Les femmes justement y sont prévisibles et peu intéressantes, tous comme les autres personnages d'ailleurs, tombant chacun dans le cliché qui lui correspond. Ygerne est aussi idiote qu'énervante, Morgane embrigadée et versatile, Guenièvre nunuche au possible, Viviane manipulatrice et peu attachante... Leurs réactions, leurs sentiments sont peu profonds et mal développés. Elles m'ont semblé avoir la crédibilité des personnages des "Feux de l'amour".

Au niveau du monde décrit, le manque de profondeur ici aussi se double d'un manque d'originalité. Les lieux sont peu décrits, trop peu pour qu'on puisse s'y plonger, et l'atmosphère est difficile à appréhender ; tout se concentre sur les personnages. La mythologie créée autour d'Avalon et dans laquelle baigne la plus grande partie du livre est un ensemble de clichés sectaires archi-connus : la pureté, la virginité, la vision et les transes induites par les plantes, la proximité avec la nature, les cérémonies de fertilité... Ca ne m'étonnerait pas que Marion Zimmer Bradley ait été une hippie très convaincue dans sa jeunesse !

En-dehors des développements de l'intrigue décrivant l'évolution vers la légende telle que nous la connaissons, je me suis profondément ennuyée. Surtout pendant les moments qui narrent en détails les cérémonies du culte d'Avalon. J'aurais préféré un peu plus d'action et quelques scènes guerrières, puisque Arthur ne cesse de batailler, mais le point de vue féminin nous en prive.

En ce qui concerne le style, au travers de la traduction on retrouve un résultat assez moyen, pas simpliste mais sans originalité ici non plus, manipulant un vocabulaire très convenu dans le genre fantastique.

Au final, une belle déception. Ca me fait mal de parler comme ça d'un livre qui m'a été offert mais ça n'enlève rien au plaisir de sa réception : je l'aurais acheté et lu moi-même un jour ou l'autre. Je pense juste que je n'approfondirai pas l'expérience dans cette série, et rien que pour savoir ça, il fallait que je le lise !


Pour en savoir plus :
- la page Bibliomania du livre
- l'avis de Wilhelmina, très positif pour compenser un peu le mien !
- la discussion sur Le Cycle d'Avalon sur le forum de Livraddict

22 juin 2010

Le faucon de Malte, de Dashiell Hammett

Ca y est, c'est le dernier livre lu pour le Livraddict Mag dont je vous parlerai ! Ce n'est certes pas le dernier polar qui se retrouvera sur ces pages, mais j'essaierai de changer un peu de thème pour la suite. Que ça ne vous rebute pas, pourtant : celui dont je vous parle ici est un véritable livre culte au temple du roman policier, alors suivez-moi parmi ses pages...


Résumé :

Sam Spade, détective privé à San Francisco, reçoit la visite d'une belle demoiselle qui lui demande de prendre en filature un homme qui aurait enlevé sa soeur. Le partenaire de Spade prend en charge ce travail facile, mais les deux hommes sont retrouvés assassinés quelques heures plus tard. La police soupçonne Spade, qui pour tirer son épingle du jeu doit découvrir les véritables motifs de sa cliente et se retrouve bientôt sur les traces d'un mystérieux faucon noir très convoité...

Mon avis :

Tout d'abord, une petite mise en situation : j'ai lu ce roman après avoir appris qu'il constituait une première dans le genre qu'il crée, celui du polar noir prenant pour héros un détective privé américain désabusé et cynique. Ce livre a été publié pour la première fois en 1930 et l'édition que j'ai empruntée à la bibliothèque date elle-même de 1977, un beau volume cartonné à la police énorme quelques années plus vieux que moi et parfaitement conservé, un petit bijou...

Sam Spade n'a été le personnage principal que de ce roman et de trois nouvelles, mais il est devenu une légende du genre polar en donnant naissance à un sous-genre souvent reproduit, celui du roman noir. Il a été interprété à l'écran par Humphrey Bogart, pas moins, dans un film devenu culte lui aussi, "Le faucon maltais". De nombreux auteurs, de Simenon à Hemingway ou Chandler, ont reconnu l'influence de ce roman sur leur propre oeuvre.

La première chose qui m'a frappée en entamant ma lecture, c'est le style narratif cinématographique. J'ai mis un certain temps à mettre le doigt dessus, mais, à peu de choses près, ce livre est écrit comme un scénario de film. L'auteur ne présente que les faits, les actes des protagonistes et leurs changements d'apparences, laissant au lecteur le soin de deviner leurs motivations et états d'esprit. Les descriptions sont minutieuses quand il s'agit d'éléments importants pour l'intrigue et inexistantes dans le cas contraire. Le résultat c'est un style froid, détaché, laissant une grande place au dialogue et proposant au lecteur un rôle actif, celui de deviner les raisons derrières les apparences et de reconstituer le décor.

Il est difficile de parler d'un style sans offrir au moins un petit exemple. Le mien sera en anglais, étant donné que c'est la langue dans laquelle j'ai lu ce livre. Il s'agit d'un passage où Spade rencontre un escroc du nom de Gutman avec lequel il négocie un arrangement pour retrouver et revendre le fameux faucon.
"Spade emptied his glass and set it on the table. He put his cigar in his mouth, took it out, looked at it, and put it back in. His yellow-grey eyes were faintly muddy. He said: 'That's a hell of a lot of dough'.
The fat man agreed: 'That's a hell of a lot of dough'. He leaned forward and patted Spade's knee. 'That is the absolute rock bottom minimum - or Charilaos Konstantinides was a blithering idiot - and he wasn't.'
Spade removed the cigar from his mouth again, frowned at it with distate, and put it on the smoking-stand. He shut his eyes hard, opened them again. Their muddiness had thickened. He said: 'The-the minimum, huh ? And the maximum ?' An unmistakable sh followed the x in maximum as he said it.
'The maximum ?' Gutman held his empty hand out, palm up. 'I refuse to guess. You'd think me crazy. I don't know. There's no telling how high it could go, sir, and that's the one and only truth about it.'
Spade pulled his sagging lower lip tight against the upper. He shook his head impatiently. A sharp frightened gleam awoke in his eyes - and was smothered by the deepening muddiness. He stood up, helping himself up with his hands on the arms of his chair. He shook his head again and took an uncertain step forward. He laughed thickly and mutterred: 'God damn you'."
Dans la suite de ce passage, Spade tente de sortir de la pièce, s'écroule sur le sol et se fait tabasser. Remarquez comme rien n'est dit, tout est suggéré : au début le seul signe de malaise vient du fait que Spade regarde par deux fois son cigar avec circonspection. Ses yeux deviennent petit à petit "muddy", boueux, sa prononciation s'altère. Pris par le dialogue, le lecteur ne se rend pas tout de suite compte que quelque chose cloche, et Sam comprend avant lui : "God damn you", dit-il à son hôte. A la fin du passage seulement, le lecteur se rend compte qu'il a été drogué via le whisky offert par Gutman, lequel avait juste avant passé un long moment à lui raconter l'histoire du faucon de Malte, probablement pour laisser à la drogue le temps d'agir. Mais absolument rien de tout cela n'est raconté ; c'est au lecteur d'interpréter, comme s'il regardait la scène dans un film.

Au niveau de l'intrigue, André Gide disait de Dashiell Hammett que ses dialogues, où chaque personnage essaie de tromper tous les autres et où la vérité devient lentement visible au travers du prisme du mensonge, ne peuvent se comparer qu'avec les meilleures oeuvres d'Hemingway. On ne pourrait mieux résumer mon impression. Tout le génie de Sam Spade est de nager comme un poisson dans l'eau au milieu d'une situation plus qu'épineuse, où son intelligence et sa capacité à tirer profit des situations les plus déspérées sont ses seuls atouts. Tout le monde est contre lui : la police, qui l'accuse du meurtre de son coéquipiter, sa cliente, qui lui ment sans répit, trois bandits sans scrupules à la recherche du faucon noir chacun de son côté... A plusieurs reprises, Spade se retrouve dans une situation dont on se demande comment il va se sortir, mais il sait si bien jouer ses atouts et manipuler sans trop en dire (le lecteur ne se rend compte que bien plus tard des pièges qu'il a évité) qu'il n'est jamais pris en défaut. La dernière scène, un huis-clos entre tous les principaux protagonistes, est un exemple de retournement de situation qui vaut son pesant d'or.

Je ne vous parle pas plus de Sam Spade lui-même, ce billet commence à prendre trop de ventre et j'ai déjà décrit le personnage dans l'article sur les meilleurs détectives du dernier Livraddict Mag. Pour résumer, cette oeuvre est le genre de polars qu'on lit non pas pour deviner le coupable avant le héros, mais pour suivre avec énormément de plaisir les tribulations du détective. C'est une véritable perle qui mérite sa notoriété, une oeuvre phare dans le genre polar, qu'à mon avis tous les amateurs se doivent d'avoir lu.


Pour en savoir plus :
- la page Bibliomania du livre
- la critique de Jeff (Youpinous) qui parle d'un "chef d'oeuvre du noir".

Note :
Je viens de recevoir un message intéressant de Mr Pierre Bondil que je vous transmets tel quel :
Votre texte est très bien et vous avez la chance (disons plutôt les connaissances nécessaires) pour lire en anglais. Malheureusement, ce n'est pas le cas de la majorité de vos lecteurs qui, si vous les avez convaincus, vont se précipiter sur la traduction infiniment contestable qui existe actuellement en Folio. Or, il en existe une nouvelle (entièrement nouvelle, ce n'est pas un replâtrage hâtif) parue en Série Noire en mai 2009 (cf pièce jointe). Et les cinq romans de Hammett sont tous reparus chez Gallimard en Quarto, là aussi dans une traduction également nouvelle signée des mêmes traducteurs. Je peux vous assurer, puisque je suis le "senior translator" de cette aventure, que la lecture de cet auteur y gagne beaucoup. D'ailleurs, vous pouvez vous en rendre compte par vous-même. Il n'est que de se reporter à la presse de ces 14 derniers mois. Peut-être serait-il bien que vos lecteurs en soient informés et n'aillent pas s'égarer dans une version du texte qui est désormais le témoignage d'une "mode série noire" dont l'intérêt est plus historique qu'autre chose. Je précise que la nouvelle traduction, en ce qui concerne "Moisson rouge", devrait paraître en Folio Policier en avril 2011.
Et de préciser que
"Pour l'instant, hormis en Quarto, seul "Moisson rouge" est disponible (Série Noire) dans sa nouvelle traduction et c'est ce titre là qui devrait paraître en Folio, en avril 2011. Pour les autres, il faudra attendre plus (un délai de six mois avait été envisagé entre deux parutions et l'ordre chronologique de parution aux USA devrait être respecté. Si tel était le cas, la parution de la nouvelle traduction de "Le Faucon maltais", en Folio policier directement devrait avoir lieu vers avril 2012...)."



Etant donné que je n'ai pas la possibilité de me faire mon propre avis sur cette nouvelle traduction ni d'ailleurs sur l'ancienne, je vous laisse juger ; mais apparemment, si vous souhaitez découvrir ces oeuvres, allez les chercher chez Gallimard en Quarto ou patientez un peu pour une meilleure traduction chez Folio...


 Challenge : 3/6

18 juin 2010

Le soleil des Scorta, de Laurent Gaudé

Pour une fois, c'est une relecture que je vous présente. Un roman reçu il y a longtemps, découvert à l'époque, abandonné en Belgique, racheté sur un coup de tête et redévoré plusieurs fois depuis lors. Comme quoi, il fallait vraiment que je vous en parle...


Résumé :

Un homme, un jour, remonte sous le soleil brutal le chemin qui mène au village de Montepuccio, dans le sud de l'Italie. Un vaurien qui vient faire l'amour à une vieille fille sur un malentendu. De cette erreur naîtra une lignée extraordinaire, celle des Scorta. Une famille maudite et fière qui prouvera à chaque génération sa folie et sa force.


Mon avis :

Ce roman m'a séduite dès les premières lignes, littéralement. En quelques pages, il mérite son Goncourt. Voyez plutôt, le tout premier paragraphe :
La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s'était évanoui. La pierre gémissait de chaleur. Le mois d'août pesait sur le massif du Gargano avec l'assurance d'un seigneur. Il était impossible de croire qu'en ces terres, un jour, il avait pu pleuvoir. Que de l'eau ait irrigué les champs et abreuvé les oliviers. Impossible de croire qu'une vie animale ou végétale ait pu trouver - sous ce ciel sec - de quoi se nourrir. Il était deux heures de l'après-midi, et la terre était condamnée à brûler.

Est-ce que ça ne vous donne pas chaud, ces quelques mots ? Est-ce qu'on ne se sent pas transpirer, plier sous le poids de la chaleur et de la poussière ? Ce passage et ceux qui suivent sont de vrais petits bijoux de littérature. Comme je vous le dis, rien que pour ça, pour cette plume qui peint des images en 3D avec sons, lumières, odeurs et sensations, vous devez courir vous procurer ce petit ouvrage de moins de 250 pages en poche qui est un voyage incroyable dans le sud de l'Italie. Tout y est : non seulement la chaleur mais aussi la fierté des villageois, leurs habitudes, espoirs, défauts et croyances, le goût de leurs plats, leurs paysages et leurs ruelles, leur mode de vie. Il ne manque rien, et rien n'est lourd, rien n'est exagéré. Ouvrir ce livre, c'est partir dans le temps et dans l'espace pour un séjour incroyable de réalisme.

Après, puisqu'on ne peut pas parler que du style, il y a aussi l'intrigue. Elle s'étend sur plusieurs générations, toutes extraordinaires. Les Scorta, sous la plume de Gaudé, deviennent une dynastie légendaire. Chaque membre à son petit bagage de secrets, de force et de folie. Difficile donc de les classer : sont-ils réels ? Sont-ils des personnages fantastiques, ou des fous de père en fils ? A vous de vous faire votre opinion.

En tous cas, je me suis fondue sans soucis dans l'histoire de cette dynastie étrange. On ne peut pas s'ennuyer en suivant leurs aventures, et les passages représentant la confession de la vieille Carmela qui s'imbriquent dans la narration ajoutent un plaisir supplémentaire. Ici aussi, le talent du conteur se fait sentir : il joue habilement avec le suspense sans exagérer, distille les informations de façon toujours surprenante, brisant un suspense que l'on s'attendait à voir traîner mais tardant à révéler un autre petit mystère. Une fois commencé, impossible de décrocher.

A côté de tous ces éloges, je dois quand même être honnête et ajouter le seul bémol qui me vient à l'esprit : la descente en pente douce vers la normalité. D'une génération à l'autre, les destins des Scorta s'adoucissent, jusqu'à ce qu'on reconnaisse dans la toute dernière génération les jeunes gens que l'on croiserait aujourd'hui. C'est une fatalité, j'imagine, mais leurs parents hors du commun nous ont habitué à des folies inattendues, et les dernières pages semblent un peu mièvres. Elles contrastent trop avec l'incroyable disparition de Carmela, par exemple. Du coup, on ne sait plus s'il faut prendre l'histoire dans son ensemble comme une légende ou comme un récit biographique, ce qui me perturbe légèrement. On passe aussi un peu vite sur la génération qui suit celle de Carmela et ses trois frères, celle qui est réellement le centre du roman.

Mais ces derniers commentaires n'enlèvent que peu au plaisir de lire. Ce roman est un petit chef d'oeuvre, et un véritable coup de coeur qui dure depuis plusieurs années. A tel point que je n'ai plus osé lire un Gaudé, trop peur d'être déçue. Courez le chercher chez votre libraire, il vaut son pesant d'or, de soleil et d'huile d'olive.


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre, avec toutes les informations le concernant ;
- la critique de Liyah, qui a été envoûtée ; celle de Soukee, à qui ce roman a "coupé le souffle" ; et celle de titepomme, qui l'a trouvé "bien écrit et émouvant".

17 juin 2010

La part du mort, de Yasmina Khadra

Voici encore un livre découvert lors de la préparation du Livraddict Mag Spécial Polar (pas encore le dernier, mais on s'en rapproche). Un nouvel enquêteur qui vaut son pesant d'originalité. Par manque de place, je n'ai pas pu vous le présenter aussi bien que je voudrais sur les pages du Mag, alors je me rattrappe ici...


Résumé :

"La part du mort" est une longue nouvelle (ou un court roman) présentant l'inspecteur Brahim Llob. Algérien, à la fois fier de sa nation et honteux de ce qu'elle devient, Llob vit à Alger où il exerce la fonction de commissaire. Bougon, un peu macho, la langue bien pendue et une propension significative à se faire autant d'ennemis que d'amis, Llob en est à regretter l'ennui qui s'installe en l'absence de crime, quand le voilà soudainement pris au milieu de la tourmente. Son adjoint préféré, Lino, s'est entiché d'une courtisane beaucoup trop haut placée pour lui. Cette histoire d'amour malheureuse va l'entraîner très loin, jusqu'au point où il est accusé de meurtre et où Llob devra se précipiter à son secours...


Mon avis :

J'ai découvert le recueil de nouvelles dans lequel figure "La part du mort" tout à fait par hasard : le réseau des bibliothèques municipales d'Helsinki a eu la bonne idée de créer une série de flux rss recensant les nouvelles acquisitions, et dans la section "littérature étrangère", ce titre en français m'a tapé dans l'oeil. La quatrième de couverture semblait centrée sur l'Algérie, et je ne suis jetée sans arrière-pensée sur cette promesse de dépaysement. Le seul souci avec les nouveaux livres, c'est qu'ils sont très demandés, et j'ai dû rendre celui-ci sans avoir pu en lire les autres nouvelles.

Si j'ai envie de parler de vous parler de celle-ci (je pourrais dire : de ce roman, vu sa longueur), j'ai surtout envie de vous présenter Brahim Llob. C'est une figure qu'on n'oublie pas. Il constitue à lui seul toute la raison d'être de l'enquête dont il est le héros, et à plus d'un titre.

Llob est un personnage très complexe, dépeint en termes subtils. Il est macho, désagréable par moments, assez vulgaire dans son vocabulaire, il a la rancune tenace et n'est pas le champion de la diplomatie. Mais il est aussi fidèle en amitié et en amour, faible envers ses subordonnés, plein d'un amour désabusé pour son pays, et surtout, d'une honnêteté à toute épreuve. Dans un environnement pourri jusqu'à la moëlle, où les droits les plus élémentaires se négocient et où on ne fait sa place au soleil qu'en écrasant son voisin, Llob refuse le moindre compromis avec sa conscience. Il en paie le prix, celui d'une carrière peu glorieuse et d'une situation financière difficile. C'est aussi une terrible faiblesse : certains n'hésitent pas à l'utiliser puisqu'ils peuvent prévoir ses réactions.

Après Llob, le deuxième héros de l'aventure, c'est l'Algérie. L'auteur (au fait, je vous ai dit que Yasmina Khadra était un homme ? Un pseudonyme, en fait) nous plonge dans l'Algérie post-révolutionnaire, celle qui ne s'est toujours pas remise de ses erreurs et qui ne parvient pas à retrouver le droit chemin. Au travers des yeux de Llob, Khadra en célèbre la beauté et en pleure l'anarchisme. Et il nous prend aux tripes, il n'y a aucun doute là-dessus. Sans cours d'histoire, sans développements politiques, mais avec une vérité qui nous fait partager sa mélancolie et sa colère sur tout ce gâchis.

J'ai également adoré le style de la rédaction. Ce récit est écrit à la première personne, et Llob, en tant que narrateur, est un bonheur à lire. Il a de ces métaphores, de ces répliques cinglantes, qui vous donnent envie de les noter pour pouvoir les réutiliser. Ce n'est pas du poétique, c'est du terre-à-terre et de l'imagé, de l'original et du caractère. J'en suis d'autant plus désolée de ne pas avoir eu l'occasion de prendre quelques passages en notes avant de rendre le livre à la bibliothèque.

Au niveau de l'intrigue, ça commence doux, très doux. Jusqu'à la moitié de l'histoire, peut-être un peu plus, il se passe des choses mais Llob est emporté par les événements sur lesquels il n'a aucun contrôle, toutes ses initiatives aboutissant à des échecs. C'est peut-être le point faible de cette lecture, ces pages rageantes où l'on se sent aussi impuissant que lui. Mais finalement il reprendra les choses en main, l'aventure s'accélère, un guet-apens se met en place... jusqu'au dénouement final, de toute beauté parce que totalement imprévu, aussi bien par Llob lui-même que par nous, lecteurs. J'ai refermé ces pages avec, au coeur, le gros pincement qu'il a dû ressentir.

Ce sera tout, je crois. Inutile de vous dire que j'ai apprécié cette lecture : c'est une découverte pleine de caractère, une perle d'auteur qu'il faut que j'approfondisse. Je vous invite chaleureusement à découvrir Brahim Llob et Yasmina Khadra, et je vous promets d'autres billets à leur propos dès que j'en aurai l'occasion.


Pour en savoir plus :
- le Livraddict Mag où l'on parle de Llob à la page 52 ;
- la fiche Bibliomania du livre, avec toutes les informations pratiques ;
- la critique de Jeff de la nouvelle Morituri, la deuxième de ce recueil.

16 juin 2010

Mes critiques préférées de ces derniers jours

J'entame une petite rubrique sympathique, une idée que je viens d'avoir : faire une petite liste de critiques littéraires que j'ai particulièrement appréciées.

Depuis que je suis entrée dans le grand club de la blogosphère littéraire francophone, je lis des tonnes et des tonnes de critiques sur des tonnes et des tonnes de blogs différents. En général je ne commente que celles concernant des livres que j'ai lus ou que je voudrais lire, ce qui ne fait qu'un faible pourcentage de celles que je lis ou parcours rapidement.

Mais régulièrement, je tombe sur une critique qui me fait sourire, que je trouve particulièrement bien écrite, ou qui sort du lot d'une façon ou d'une autre. Ca n'a rien à voir avec l'avis en question ou le livre sur lequel il porte, mais uniquement avec la façon dont la critique est rédigée ou présentée.

Alors je compte mettre ici, de temps en temps, une petite liste de cinq critiques qui m'ont marquées récemment. Histoire de leur rendre l'hommage qui leur est dû, mais aussi de prouver (si c'était nécessaire) que les bloggeurs littéraires, même s'ils ne sont pas des journalistes professionnels, ne manquent pas de talent !

Alors pour commencer, cinq lauréats :

- La critique de Emma666 sur le livre à l'origine du film "The Notebook" - parce que la raison pour laquelle elle l'a lu est particulièrement originale et que sa façon de le critiquer m'a bien fait rire :)

- La critique de la BD "Le rayon de la mort" par Jérôme, qui a réussi à me donner envie de lire une bd que lui ne considère pas comme un chef d'oeuvre.

- La critique de Percy Jackson tome 1 par Alwenn, cette "vieille chouette rétrograde et odieusement conservatrice" (c'est elle qui l'écrit !) pour sa description très parlante des dieux grecs représentés dans ce livre, elle m'a fait rire elle aussi.

- Le billet de Sayael où elle explique joliment pourquoi et comment elle lit plusieurs livres à la fois - un billet dans lequel je reconnais parfaitement mes propres impressions de lectures, ça ne pouvait que me marquer !

- Le billet sur Christine (Stephen King) de Christophe, du blog Livraison, pour les superbes métaphores sur l'Amérique "où le matérialisme acharné s'empare de la jeunesse et donne aux voitures des airs de petites amies", "l'Amérique des milkshakes et des combats au couteau"... et pour sa superbe plume en général.

Voilà, à partir de maintenant je prends note de ces billets hors du commun et je vous en reservirai un plat à l'occasion, en espérant que ça vous plaise !

14 juin 2010

Le doux murmure du silence, de Paul Charles

Je n'ai pas encore fini la critique de tous les romans policiers lus au cours du mois passé, il est temps que je continue ! Voici donc une autre découverte, celle d'un enquêteur londonien dont la carrière n'a pas encore décolé en français, mais qui n'attend que d'être reconnu...


Résumé :

Un soir d'hiver, dans le quartier de Camden town à Londres, une large foule s'est rassemblée pour la "nuit de Guy Fawkes", fête traditionnelle célébrée par un grand feu de joie. Mais un mouvement de panique secoue la foue lorsque apparaît, parmi les bûches rougeoyantes, le corps d'un homme... (quatrième de couverture)


Mon avis :

Cette histoire est la neuvième aventure de l'enquêteur Christy Kennedy, mais (je pense) la première a être traduite en français. Un manque qui sera bientôt réparé je l'espère, car je suis tombée sous le charme du gentleman anglais et j'espère découvrir les autres enquêtes qu'il a menées.

Je n'ai pourtant pas tout aimé dans cette lecture, qui a ses bons et ses mauvais côtés, comme la plupart d'entre nous.

Dans les bons points, je soulignerais principalement le fait que je suis tombée sous le charme de Christy Kennedy. Pour une fois, voici un policier sérieux, sans problèmes, sans histoire difficile ou cadavre dans les placards. Un fonctionnaire consciencieux, qui fait bien son travail, en alliant une méthodologie efficace avec en plus la petite touche de génie nécessaire. Tout ceci ne le rend pas ennuyeux mais plutôt crédible : j'ai l'impression que ce sont les policiers dans son genre, et non les barbouzes sans foi ni loi, qui sont les véritables enquêteurs efficaces dans la réalité.

Sous le policier se cache aussi un homme sensible, gentil, qui ne cherche qu'un bonheur simple. Sa passion est divisée entre son travail d'enquêteur et sa petite amie ann rea (sans majuscules comme elle l'exige), qui malheureusement lui en fait voir de toutes les couleurs. Il a trop de respect pour l'espèce humaine que pour envisager à la légère un suspect, et il traite chaque personne avec le respect qui le caractérise. Ses monologues intérieurs dévoilent sa véritable personnalité et au fur et à mesure des pages, je m'y suis attachée.

Un autre point positif est le milieu dans lequel l'enquête évolue. Le quartier de Camden Town, fief de l'inspecteur Kennedy, est aussi celui de la musique, très présente, et de l'art en général. L'auteur ne passe pas son temps à nous décrire Londres mais on en a un aperçu très moderne, et que je complèterais avec plaisir dans d'autres volumes.

J'ai également apprécié le style (et la traduction) : le début, notamment, est conté de façon originale et agréable à lire. Les nombreuses références à la culture anglaise sont accompagnées d'une note toujours bienvenue pour nous autres pauvres continentaux.

Dans les points négatifs maintenant, je mettrais en critique principale l'intrigue. Elle commence de façon très originale et on s'attend à ce qu'elle continue sur le même ton. Malheureusement, après quelques révélations imprévues sur la victime, on glisse sur une longue liste de suspects et de mobiles sans pouvoir en soupçonner un précisément. L'auteur ne parvient pas à lurer le lecteur vers une piste en particulier, ce qui m'a incitée à jeter un oeil dans les coulisses et m'a empêchée d'être vraiment surprise à la découverte du meurtrier. Kennedy le découvre grâce à un détail qui n'était pas accessible au lecteur, ce qui est dommage : l'un des grands plaisirs du lecteur de polar c'est de se dire "j'aurais pu deviner le meurtrier et je me suis complètement planté !". Bref, si l'intrigue n'est pas réellement mauvaise, elle n'est pas à la hauteur d'autres récits policiers qui me sont tombés sous la main.

C'est pourquoi je voudrais vraiment me plonger dans une autre aventure de Christy Kennedy. Je le retrouverai avec plaisir, j'aimerais mieux le connaître, et j'espère découvrir une enquête plus surprenante que celle-ci. Cette aventure a été éditée chez Naïve Livres, dont je vais continuer à suivre attentivement le compte facebook en espérant qu'ils publient les autres aventures de Kennedy le plus rapidement possible.

En tous cas, un grand merci aux éditions Naïve Livres pour m'avoir permis cette belle découverte !


Pour en savoir plus :
- la page Bibliomania du livre
- le compte Facebook de l'éditeur
- le Livraddict Mag spécial Polars, où la description de Christy Kennedy figure en page 54.

12 juin 2010

Caravanes, de Philippe Frey

Il y a un mois, les éditions JC Lattès offraient, via Livraddict, de découvrir ce documentaire sur le désert écrit par un aventurier français qui en connaît tous les recoins. Je n'aurais jamais songé à m'intéresser par moi-même à un tel sujet, mais la quatrième de couverture avait l'air alléchante, alors je me suis lancée sur les traces de Philippe Frey à travers les étendues du Sahara...


Résumé :

Etant donné qu'il ne s'agit pas d'un roman mais plutôt de la narration d'une passion, je laisse la parole au passionné :

"Durant des milliers de kilomètres parcourus seul dans les déserts, j'en ai beaucoup croisé, de ces caravanes. J'étais frappé par cette vie insoupçonnée qui surgissait subitement au détour d'une dune. Alors que, dans d'autres endroits, on peut ne rencontrer aucune vie humaine pendant près de deux mois !

Les nomades parcourent ces pistes telle une araignée sur sa toile. Quels sont les secrets de ces fabuleux voyageurs ? Comment font-ils pour s'orienter sans montre et sans boussole ? Pourquoi ne perdent-ils pas toutes leurs bêtes, alors qu'il n'y a jamais de pâturages sur ces zones ? Conduisent-ils la nuit, et dans ce cas, comment repèrent-ils leur route ? Comment font-ils pour ne pas se dissoudre sous le soleil de plomb, omniprésent ?

C'est ainsi que j'ai effectué toutes les caravanes du Sahara, du moins les plus grandes et les plus importantes - une dizaine environ -, celles qui vivent encore, celles qui ont été oubliées. Tantôt seul, tantôt avec ces chameliers qui m'ont tout appris.

Le Sahara vit au rythme de ses caravanes immuables et j'ai eu l'indicible honneur de vivre à leurs côtés."


Mon avis :

En guise d'introduction, une petite précision nécessaire : une caravane, ce n'est pas un véhicule, sous la plume de Philippe Frey ; c'est une piste, un tracé ancestral que les nomades empruntent pour aller chercher au travers du Sahara les denrées dont ils ont besoin ou qu'ils vont revendre.

Et Philippe Frey sait de quoi il parle. Depuis son adolescence, il parcourt le désert de long en large tel un vrai nomade. C'est ainsi qu'il a eu l'occasion, sur des dizaines d'années, de parcourir ces caravanes. Certaines étaient devenues légendaires car les puits s'étaient taris et l'auteur a ainsi risqué sa vie pour suivre la piste sans savoir s'il pourra boire et faire boire son chameau. D'autres parcouraient des étendues instables politiquement, avec le risque de croiser des rebelles de tous poils qui ne manqueraient pas de remarquer le nomade blond. Chacune de ces traversées du désert lui a valu ses propres aventures, que ce soit humaines, physiques, anthropologiques.

En ouvrant ce livre, je ne savais rien du Sahara. En le refermant, j'ai l'impression d'y avoir passé des vacances. Si on sent que l'auteur n'est pas un écrivain professionnel, l'absence de style est largement compensé par la passion qui suinte de chaque mot. Philippe Frey a croqué le désert de toutes ses forces, et on ne peut que dévorer avec lui.

Chaque chapitre raconte une nouvelle traversée (présentée sur une carte rudimentaire), dans un nouveau pays, un autre coin du Sahara. L'auteur dépeind à la fois les grands événements de la région et les petites détails de la vie du nomade : comment nourrir son chameau, comment s'assurer qu'il ne s'enfuit pas pendant la nuit, comment se nourrir dans le désert, etc. Et après chaque traversée on s'étonne de trouver autant de diversité dans ces grandes étendues de dune. Au bout de cette lecture, le mot "désert" ne représente plus une grande étendue sans vie mais un énorme terrain d'aventures. On voudrait presque y aller, alors même que les déboires divers de Philippe Frey sont plus effrayants les uns que les autres. C'est dire s'il réussit à nous communiquer sa folie !

Pour terminer, un petit passage anecdotique, comme il y a en beaucoup au fil des pages :
D'autres fois, dans les grands regs sableux, j'ai découvert d'autres petites pierres, rondes et noires celles-là. Autour, souvent, quelques éclats jaunis d'oeufs d'autruches. Cette fois, je connais la réponse de ce nouveau mystère : vivait ici, il y a bien longtemps, outre l'autruche, un vautour charognard, le gypaète barbu. Le seul moyen que le rapace avait trouvé pour casser un oeuf d'autruche à la paroi résistante était de le fêler avec un caillou qu'il était allé chercher parfois très loin. La femelle autruche a beau jouer l'animal blessé pour tenter d'attirer le prédateur vers elle, il percute la coquille, la brise, et se délecte de l'intérieur. Des sièces et des millénaires plus tard, il ne reste que le caillou et des éclats calcaires jaunis.

Un énorme merci aux éditions JC Lattès pour cette belle découverte, que je conseille à tous !


Pour en savoir plus :
- la page bibliomania du livre, avec ses références et les avis d'autres lecteurs ;
- les avis de Nanet et Latite06, toutes les deux enthousiastes.

5 juin 2010

The Middle-Earth Challenge : one challenge to rule them all

Si la blogosphère littéraire a énormément d'attraits, elle véhicule aussi quelques maladies très contagieuses. Si je n'ai pas encore été contaminée par l'obésité PALesque (une Pile A Lire qui enfle démesurément - chez moi c'est la Wish List qui prend du ventre), je succombe petit à petit à la boulimie de challenges. Il faut dire que la blogosphère regorge de bonnes idées à ce niveau-là, et à chaque fois que je vois un nouveau défi se lancer qui correspond à mes goûts, j'ai l'inscription qui me démange...

J'ai donc craqué une quatrième fois, après le Big Challenge Livraddict 2010, le challenge "Les lectures qu'on ne s'imaginait pas lire" (pas encore entamé, honte sur moi), et le challenge "100 ans de littérature américaine"...

Cette fois-ci, j'ai succombé à l'appel de Tolkien. J'ai déjà lu "Le Seigneur des Anneaux" et "Bilbo le Hobbit", à une époque où je ne chroniquais pas encore, et je ne demande qu'à les relire, pourquoi pas en VO. Or, The Bursar et Remiranda proposent justement "The Middle-Earth Challenge", un mélange entre un challenge à plusieurs vitesses et un lecture commune multiple. Adaptée aux débutants comme aux fans confirmés du grand Tolkien, c'est une initiative tout à fait irrésistible !


Je me suis donc engagée pour le niveau 3, le Challenge Elfique, qui consiste en la lecture de
- Le Silmarillion (lecture commune facultative pour le 31 août),
- Les Contes et Légendes Inachevés (lecture commune facultative pour le 30 septembre pour le Premier Age, et pour le 31 octobre pour le Second Age)
- Bilbo le Hobbit (lecture commune facultative pour le 30 novembre)
- Le Seigneur des Anneaux (lecture commune facultative pour le 31 janvier pour La Communauté de l'Anneau, pour le 31 mars pour Les Deux Tours et pour le 31 mai pour Le Retour du Roi)
- un ouvrage sur Tolkien ou son oeuvre, ou inspiré de celle-ci, comme les parodies et adaptations en bande-dessinée.

La date limite pour l'ensemble du challenge, c'est le 31 décembre 2011, ce qui me rassure un peu. Il n'empêche que, une fois inscrite, je suis taraudée de questions épineuses : vais-je oser entamer l'aventure en VO, sachant que la langue est plutôt difficile ? Vais-je emprunter les livres à la bibliothèque municipale, les acheter car c'est quand même un pilier de bibliothèque, et si oui en version pocket pour l'économie ou en version cartonnée ou en coffret pour la beauté ? (J'ai déjà Le Seigneur des Anneaux en belle édition dans la bibliothèque, mais c'est celui de mon ours et il est... en finnois). J'hésite, j'hésite...

En tous cas, maintenant je suis inscrite, il n'y a plus à reculer. Merci aux organisatrices, ce challenge va être une véritable aventure !

4 juin 2010

Les abeilles de Monsieur Holmes, de Mitch Cullin

Après avoir chroniqué les premières enquêtes de Sherlock Holmes hier, on passe directement et sans transition au Sherlock âgé. C'est un peu brutal, mais j'espère que vous me suivez bien parce que c'est une découverte qui en vaut la peine !

Résumé :

Pour une fois qu'une quatrième de couverture constitue aussi un excellent résumé, je vous la mets : "Sussex, 1947. A 93 ans, Sherlock Holmes vit retiré, loin d'un monde dont les mutations et le tapage absurde lui échappent de plus en plus. Seuls le préoccupent à présent ses abeilles, l'écriture, et le déclin de sa mémoire. Mais certains êtres cherchent encore auprès de lui des réponses essentielles sur la vie, l'amour ou les limites terriblement humaines de la raison, provoquant la résurgence d'émotions que Holmes avait si longtemps enfuies, fissurant sa maîtrise légendaire..."


Mon avis :

Dans ce roman assez inattendu, l'auteur s'attèle à un double défi : d'une part, humaniser un personnage originellement caricatural, d'autre part, vieillir un personnage adulé pour sa jeunesse et de sa vivacité d'esprit. Un pari terriblement risqué qui aurait pu facilement déraper et dénaturer le héros, ou glisser vers un essai philosophique ou déprimant sur la vieillesse. Rien de tout cela, le défi est brillament relevé.

Pourtant, le début est plutôt lent. Il suit le rythme de vie d'un homme à l'âge respectable, qui se déplace à petits pas et ne se souvient pas toujours du contenu de ses poches. Monsieur Holmes a pourtant gardé suffisamment de vitalité pour voyager jusqu'au Japon, vitalité qu'il attribue à la gelée royale de ses abeilles. Il partage sa passion pour l'apiculture avec le fils de sa nouvelle gouvernante, le jeune Roger qu'il a pris en amitié. Le récit alterne entre la narration de son voyage, la lecture d'un manuscrit sur un cas résolu dans sa jeunesse (pas particulièrement mystérieux, il faut l'avouer) et les minuscules événements qui constituent sa vie quotidienne. Lectrice impatiente, j'aurais pu me fatiguer de ce rythme peu soutenu si la magnifique couverture, les pages au papier épais et granuleux et la police particulièrement agréable ne m'avaient soudé ce livre aux mains.

Mais au fil des pages, on s'attache au personnage. Le Sherlock Holmes créé par Conan Doyle était un personnage caricatural, intéressant mais difficile à vivre, impossible à comprendre, mono-maniaque et limite bipolaire. Il ne s'intéressait pas aux personnes mais aux cas et semblait souvent n'avoir aucun coeur. Ici, Mitch Cullin s'attache à lui en créer un. Il ne tombe pas dans la facilité, le personnage dur-à-l'extérieur-mais-fragile-à-l'intérieur. Pour lui, le docteur Watson a correctement décrit son ami, il était réellement aussi insensible et sûr de lui qu'il en avait l'air. Mais l'âge et une expérience en particulier ont mis à jour la fragilité qui en fait un être humain malgré lui, et les techniques qu'il a dû inventer pour conserver sa maîtrise légendaire.

Malgré les années, malgré sa mémoire qui l'abandonne et la solitude qui l'entoure, Sherlock Holmes est resté le même. Il continue à analyser chaque événement avec la logique froide qui le caractérise. En lisant pour une fois son histoire de son point de vue, on découvre les malentendus qui naissent de sa lucidité et de sa façon brute de l'exprimer. On découvre aussi quelques moments particulièrement touchants où, fragilisé, il ne sait comment gérer les émotions qui finissent par l'atteindre. Et puis les doutes qui finissent par naître dans son esprit cartésien.

Au total, ce roman est une oeuvre très subtile, touchante et profonde. J'ai versé quelques larmes, non pas sur le sort d'un Sherlock vieillissant qui en réalité le vit très bien, mais à cause de la tendresse que j'ai ressentie pour Monsieur Holmes - un sentiment dont j'étais bien loin quand il s'agissait du grand détective. Je ne pourrais que recommander cette lecture, une très belle surprise. Un grand merci aux éditions Naïve Livres pour cette belle découverte !

Pour terminer, un court passage qui vous donnera une idée de l'atmosphère :
Tout à coup, comme il refermait l'album, Holmes se sentit submergé par la grande lassitude qu'il avait introduite avec lui dans la fermette. Le monde a pris un mauvais virage, se surprit-il à penser. Il a changé au tréfonds de lui-même, et je ne suis pas capable de comprendre ce qui s'est passé. "Qu'est-ce donc que la vérité ? lui avait demandé un jour M. Uzemaki. Comment y parvenez-vous ? Comment dévidez-vous l'écheveau du sens quand celui-ci ne souhaite pas être connu ?"
- Je ne sais pas, fit-il alors tout haut, seul dans la chambre de Roger. Je ne sais pas.
Il s'allongea contre l'oreiller du garçon et, l'album serré contre la poitrine, ferma les yeux.
- Je n'en ai pas la moindre idée... je n'ai pas le moindre indice.


Pour en savoir plus :
- la page bibliomania du livre
- la page Facebook des éditions Naïve Livres, avec l'actu de leurs publications.

3 juin 2010

Etude en rouge & Le signe des quatre, Sir Arthur Conan Doyle

A l'occasion de la préparation du Livraddict Mag Spécial Polar, j'ai lu beaucoup de romans policiers, histoire de savoir de quoi on parlait. J'en ai profité pour redécouvrir une légende du genre, ce cher Sherlock Holmes, que j'avais croisé étant plus jeune puis abandonné après avoir tremblé d'horreur à imaginer le chien des Baskerville (oui j'étais très jeune). J'ai donc commencé par la première apparition de Sherlock, dans l'"Etude en rouge", qui dans mon édition était suivie d'une autre nouvelle, "Le signe des quatre".


Résumé :

Au début d'Une étude en rouge, le docteur Watson, blessé en Afghanistan, est convalescent à Londres. Il y cherche un appartement et un ami lui parle d'un certain Sherlock Holmes qui est à la recherche d'un co-locataire. Les deux hommes se rencontrent, et Watson, intrigué par les mystères qui entournet Holmes, finit par être entraîné avec lui dans la résolution d'un crime étrange...

Dans Le Signe des Quatre, Watson accompagne à nouveau Sherlock Holmes dans la résolution d'un mystère. Depuis que le père de Miss Mary Morstan a brutalement disparu, celle-ci reçoit chaque année une perle très précieuse. Jusqu'au jour où c'est une lettre qui lui arrive, lui demandant de se rendre à un rendez-vous mystrérieux...


Mon avis :

Je dois bien avouer que Sherlock Holmes a un peu perdu de sa superbe avec le temps. Le grand détective n'était rien d'autre qu'un CSI avant l'heure, et sa science pour analyser les indices n'a plus grand-chose de magique pour le lecteur d'aujourd'hui. Il n'en reste pas moins une légende sympathique, construite autour d'un personnage vraiment particulier, monomaniaque, arrogant et en même temps très "gentleman anglais". Retourner au fondement du mythe, à la rencontre de Watson et de Holmes, est assez rafraîchissant.

Au point de vue de l'intrigue, la première surprend assez : l'enquête sur le meurtre n'occupe qu'une petite partie de l'histoire et n'est pas particulièrement impressionante. La moitié de l'aventure est constituée par la narration très romancée des événements passés qui forment le mobile du meurtrier, quelque chose qui n'a rien à voir avec Sherlock et sa capacité de déduction. Nous voilà tout à coup bien loin de Londres, emportés dans une histoire dramatique de far west, de mormons, d'amour et de vengeance... C'est franchement perturbant, et pas du tout dans l'esprit d'une enquête policière. La deuxième enquête est plus classique, mais ici aussi un long passage narré comme une romance historique nous plonge dans les mobiles du meurtrier.

J'ignore si c'est une tendance générale de Conan Doyle, ou si c'est un mélange de styles qu'il n'a pratiqué que dans les premiers récits de Sherlock Holmes, mais personnellement je préférerais une enquête policière mieux ficelée à ces intrusions romantiques.

En-dehors de ça, les aventures de Sherlock Holmes restent une lecture plaisante, pas trop classique pour ceux qui craignent ce genre, facile à lire et à suivre. Un peu frustrant peut-être de ne pas pouvoir tenter de deviner le meurtrier aux côtés de l'enquêteur, puisque celui-ci ne nous dévoile ses découvertes d'indices qu'à la fin. Mais voir les autres personnages s'éblouir devant le magicien de la déduction est assez jouissif aussi.


Pour en savoir plus :
- La fiche bibliomania du livre.

2 juin 2010

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, d'Harper Lee

J'avais trois bonnes raisons de lire ce roman :
1. Il faisait partie d'une lecture commune proposée par Evertkhorus sur Livraddict et devenue entretemps très populaire ;
2. Il faisait partie du challenge "100 ans de littérature américaine" qu'il est bien temps que je poursuive (j'ai promis de lire 6 livres sur ce thème avant la fin de l'année);
3. C'est un classique dont j'ai beaucoup entendu parler, sans savoir de quoi il s'agissait, et la curiosité me titillait abominablement.
Voici donc le résultat de la combinaison de ces trois forces irrésistibles...


Résumé :

La petite Scout, six ans, vit la vie d'une enfant blanche dans l'Amérique des années 30. Elle passe ses journées à jouer avec son frère Jem et leur ami Dill, ses soirées à apprendre à lire auprès de son père Atticus, s'invente des défis autour du mystère du voisin qui ne sort jamais de chez lui... Mais l'univers de sa paisible petite ville est chamboulé quand un ouvrier noir est accusé du viol d'une jeune fille blanche. Le père de Scout est nommé avocat de la défense et prend sa tâche très à coeur, au milieu d'une communauté qui dévoile son racisme profond.


Mon avis :

Tout d'abord, il faut savoir que la couverture du livre que j'ai lu n'est pas celle qui illustre cet article. Mon édition, empruntée à la bibliothèque municipale, était une version en langue originale très ancienne, replastifiée à plusieurs reprises, aux pages jaunies par l'âge, et pourtant en excellent état. Ce n'est absolument pas une critique : au contraire, j'ai eu d'autant plus de facilité à me plonger dans l'époque représentée que mon édition en était presque contemporaine. Ah, le plaisir des pages qui ont bien vieilli !

Je regrette quand même un peu de ne pas avoir acheté ce livre car j'aurais pris beaucoup de plaisir à le lire et le relire. Je ne sais pas pourquoi, j'imaginais qu'il s'agissait de quelque chose de beaucoup plus grave. Sensible comme je le suis, j'avais peur de me retrouver dans des histoires cruelles de lynchages et autres joyeusetés qu'a pu produire l'époque de la ségrégation raciale aux Etats-Unis.

Mais une grande partie de l'intérêt de ce livre découle du fait qu'il a pour narrateur une petite fille adorable. Ses aventures d'enfant, qui constituent toute la première partie du livre, ressemblent à celles du petit Nicolas : on sourit et se laisse emporter par son imagination débordante et les petits mystères de son quartier. Cette partie est plus longue que ce à quoi on peut s'attendre en lisant le résumé, qui semble centrer l'intrigue sur le procès, mais on ne s'ennuie pas une seconde : le petit mystère de l'homme enfermé chez lui depuis des années, le fameux Boo Radley, nous tient en haleine autant qu'il captive la petite Scout.

Puis vient la suite, la partie plus grave du procès et du racisme qu'il dévoile. Et là, l'auteur joue à un petit jeu tout à fait remarquable : il s'ingénie à faire découvrir au lecteur l'atmosphère sociale tendue, en utilisant une narratrice qui elle-même ne comprend pas réellement ce qu'il se passe. Le passage nocturne en face de la prison, où la petite Scout sauve probablement la vie de son père sans même se rendre compte du danger, est absolument admirable, et je l'ai relu plusieurs fois. Les épisodes dramatiques ne sont en rien diminués mais l'ensemble du roman prend un air touchant et léger qu'il n'aurait pas pu avoir si le narrateur avait été un adulte.

Dans la galerie de personnages présentés au fur et à mesure du récit, je suis tombée sous le charme du père, Atticus. C'est un homme qui non seulement est d'une droiture à toute épreuve, mais qui en plus s'abstient de stigmatiser ceux qui sont dans l'erreur. Sa raison de défendre les droits des noirs n'est pas un humanisme dévoué, mais une constatation simple : puisqu'ils ont moins de droits que les blancs, les blancs doivent être particulièrement attentifs à respecter ces droits. Ne pas le faire c'est comme "tuer un oiseau moqueur", détruire un être innocent qui ne nous fait aucun mal et est à notre merci.

Il y aurait beaucoup, beaucoup à dire sur ce livre, sur les thèmes du racisme, de l'innocence, de la figure du père qu'il aborde. Mais l'important c'est que c'est un roman plein de charme, tout en nuances, agréable à lire, truffé d'humour et parsemé de moments poignants. Vraiment, une lecture à ne pas manquer.


Pour en savoir plus :
- Les avis de mes co-lecteurs et lectrices :
- les enthousiastes : Stellade, Evertkhorus, Frankie, Elora, Leyla, Mrs Pepys, Elizabeth-Bennet, latitesib, Pickwick, Chaplum, Calypso
- les un peu moins convaincus : Anjelica, Fattorius, Liyah
(n'hésitez pas à me signaler dans les commentaires si j'en ai oublié)
- La page Bibliomania du livre, avec les infos techniques et d'autres avis.


2/6


Edit quelques jours plus tard :
Mais que vois-je !?! Ce livre faisait aussi partie du Big Challenge Livraddict 2010 ! Je n'avais même pas remarqué. Me voilà déjà à 5 livres lus sur les 6 pour lesquels je m'étais engagée... Il passe trop vite celui-là !


Le Livraddict Mag 2 vient de sortir !

Ca y est ! Je sors de ma torpeur bloggesque pour reprendre mes chroniques, et j'en ai un paquet en retard. Mais avant ça, je vous présente la cause de ce passage à vide sur ces pages : le fameux mag sur lequel je travaillais d'arrache-clavier ! Il est encore plus beau que la dernière fois, il est une vingtaine de pages plus épais, et il aborde un thème littéraire que j'apprécie : le roman policier !



Alors, que vous soyiez fan du genre ou pas, là n'est pas la question : cliquez sur la magnifique couverture (signée baba) et ouvrez le mag. On y trouve une exclusivité (le premier chapitre de la suite de L'Eclat du diamant qui sortira en octobre), la présentation de deux collections consacrées au polar, un comparatif roman/film sur le phénomène "Shutter Island", un concours original assorti d'un beau prix, un avis de recherche des meilleurs enquêteurs, des recettes de cuisine pour enquêteurs pressés, comment écrire à l'encre invisible, plusieurs interviews (auteurs, éditeurs, responsable de site web, jurés de prix littéraires)... et encore des tas et des tas d'articles, parmi lesquels vous découvrirez des tonnes de romans policiers à lire absolument.

Je dois dire que je suis assez fière de notre travail là-dessus, que ce soit au niveau du fond que de la forme (dont je suis partiellement responsable). La Team Livraddict s'est vraiment surpassée.

Bref, pour découvrir tout ça :
- la page calaméo de Livraddict, où vous pouvez consulter le nouveau mag et aussi le premier numéro ;
- le lien pour le télécharger en format pdf et l'imprimer si ça vous tente ;
- le message expliquant comment télécharger un aperçu à publier sur votre blog.

J'espère qu'il vous plaira autant qu'à moi !